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lundi 28 septembre 2026
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Place de Bretagne : 5,56 millions d’euros pour refaire la place

Le secteur de la place de Bretagne va une nouvelle fois changer de visage ! Entre avril 2027 et mars 2028, Rennes Métropole prévoit de rénover les voiries et de revoir les circulations sur la place de Bretagne, la place Maréchal-Foch et le pont de la Mission. Montant de l’opération : 5,56 millions d’euros. « Nous avons d’abord un impératif de maintenance de la voirie », indique Romain Poujol, adjoint délégué aux Mobilités et aux Déplacements. Réalisées il y a plus de 25 ans, les chaussées sont aujourd’hui « fortement dégradées et particulièrement sollicitées ». Mais plutôt que de les refaire à l’identique, la collectivité entend profiter du chantier pour réorganiser les déplacements et préparer l’arrivée des Trambus.

Concrètement, la circulation générale sera regroupée dans les deux sens sur la rive ouest de la place, tandis que la partie est sera réservée aux transports en commun. Une nouvelle station de bus sera même créée. Sur le pont de la Mission, les voies seront dédiées aux transports collectifs, tandis que la circulation automobile sera reportée sur le pont de Bretagne. « Nous faisons aujourd’hui des travaux qui répondent aux besoins d’aujourd’hui, mais qui anticipent aussi le fonctionnement du réseau de demain », explique Romain Poujol. Sept arbres supplémentaires seront plantés, près de 1 700 m² revégétalisés et 2 000 m² désimperméabilisés.

« Que restera-t-il des aménagements de 2018 ? » Antoine Cressard.

Pour l’opposition, Antoine Cressard a pris la parole. « Des travaux ont eu lieu en 2012-2013, puis en 2018 avec la réorganisation des circulations, de nouveaux cheminements et la création de la piste cyclable bidirectionnelle», a-t-il rappelé. « Neuf ans plus tard seulement, nous reprenons substantiellement l’organisation de cette place. Nous allons déplacer une piste cyclable que la municipalité avait elle-même aménagée et  modifier à nouveau les circulations », indique-t-il.  « Comment une majorité qui administre Rennes depuis si longtemps peut-elle être conduite à reprendre aujourd’hui, à grands frais, des aménagements qu’elle a elle-même conçus et financés il y a moins de dix ans ? »

Devant un tel chantier programmé, l’opposition veut notamment connaître la part de la facture directement liée à ces nouveaux changements. «Nous aimerions donc savoir précisément ce qui, des aménagements réalisés en 2018, sera conservé, déplacé, déposé ou refait», poursuit Antoine Cressard. Allant plus loin, l’élu s’interroge sur la circulation automobile. Il réclame les études de trafic, les reports attendus sur les autres axes et les solutions envisagées « si la congestion augmente ». Au passage, il insiste aussi sur les conséquences d’un an de travaux pour les commerces, déjà impactés par la démolition du parking Vilaine. « Quel accompagnement concret avez-vous prévu ? Quel dialogue permanent avec les commerçants ? Et surtout, quel dispositif d’indemnisation si certains établissements subissent une baisse d’activité directement imputable aux travaux ? », interroge-t-il. 

« Promettre un centre-ville plus agréable demain ne doit pas conduire à fragiliser ceux qui le font vivre aujourd’hui. » A. Cressard.

Plus anecdotiquement, Antoine Cressard s’interroge sur le devenir des « Baigneuses pas très académiques » de Gérard Collin-Thiébaut, installées depuis 2000 et régulièrement victimes de tags et de dégradations. «Nous engageons aujourd’hui 5,56 millions d’euros. Ne serait-ce pas aussi l’occasion de prévoir enfin un dispositif permettant de mieux les protéger ?» Et d’ajouter : «après plusieurs réaménagements successifs, faisons en sorte que cette fois-ci, la place de Bretagne soit pensée pour durer. »

Louis Amiot voudrait une place sans voiture

À gauche aussi, le projet suscite des réserves, mais pour des raisons différentes. Louis Amiot, du groupe Insoumis, écologistes et citoyens, partage l’objectif de laisser davantage de place «aux mobilités douces et aux transports en commun». Mais Louis Amiot aurait voulu aller plus loin dans la réduction de la place de l’automobile. « Nous regrettons que ce projet ne s’accompagne pas d’une fermeture totale à la circulation automobile », indique-t-il, avant d’ajouter : « lLa ville de demain, c’est une ville sans voiture. Ne craignez-vous pas que le redéploiement et la centralisation des réseaux de transport autour de la place de Bretagne ne mène à un engorgement ? »

Une nouvelle piste cyclable bidirectionnelle, séparée de la circulation et élargie de 3 à 4 mètres, traversera la place de Bretagne du nord au sud.

En réponse, Romain Poujol répond d’abord aux interrogations sur les réaménagements successifs. « Les travaux de 2012-2013 avaient essentiellement concerné les espaces piétons, précise-t-il. «Cette zone et les jardins où il y a les baigneuses, tout cela reste», indique-t-il. En revanche, il veut  faire de la place pour tout le monde et donc donner à chaque mode de déplacement sa juste place. «Quant aux risques d’engorgement, tout est prévu. Des feux situés en amont et en aval doivent permettre de réguler les flux.»

Pour les commerçants, des travaux de nuit sont envisagés. «Nous avons eu un échange la semaine dernière avec les commerçants, les habitants», indique Romain Poujol. La collectivité envisage notamment de « limiter les travaux sur le temps de midi », en particulier pour éviter aux restaurateurs une trop forte perte d’activité. À Louis Amiot, Romain Poujol répond ironiquement. «Décidément, le Trambus, ce n’est pas votre tasse de thé », lance-t-il. À terme, trois lignes de Trambus et six lignes de bus doivent emprunter le secteur. Entre voitures, vélos, piétons, bus et futurs Trambus, le chantier ne se limitera donc pas à refaire une chaussée fatiguée : à 5,56 millions d’euros, c’est bien le partage de la place de Bretagne qui est remis à plat.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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