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PERSONNALITÉS OUBLIÉES RENNAISES : LE MONTAGNARD LÉON ZWINGELSTEIN OU LE « HERZOG BRETON »

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À Rennes, il existe bien un club alpin (voir leur site). Mais très peu connaissent dans la capitale bretonne l’alpiniste Léon Zwingelstein. Il avait réalisé en solitaire le raid à skis « Grenoble-Nice-Chamonix-Zermatt-Tyrol-Brigue » durant l’hiver 1933 et bien d’autres expéditions qui aujourd’hui mériteraient encore bien du respect. 

Né à Rennes, le 16 octobre 1898, le petit Léon est le cinquième d’une portée de sept enfants. « Il passe sa jeunesse au sein d’une grande famille protestante aisée », écrit Jean-Pierre Barbier, dans la revue La Montagne et Alpinisme. « Aimant la vie en plein air, il fait partie des éclaireurs. Élève sérieux et appliqué, il suit des études scientifiques et le voilà bachelier. » 

Fils d’un tanneur industriel

Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il était le fils de Charles qui, avec son frère Georges et son père Laurent, dirigeait l’une des plus importantes tanneries en Bretagne. Cette entreprise fut reconnue nationalement et mondialement, en raison de la qualité de sa production. L’établissement fut d’ailleurs récompensé par une médaille d’or à l’exposition internationale de Turin en 1911. Ses cuirs de Chine étaient très estimés. 

Mais revenons à nos moutons ! En 1913, il perd son papa et, en 1917, il est incorporé dans l’infanterie à Rennes. Après un an d’entraînement, il connaît le front et le 17 août 1918 il est transféré vers l’hôpital militaire de Dijon. « On ne saura jamais ce que des jeunes comme nous ont pu souffrir dans cette tourmente ; des jeunes comme nous, trop habitués à la douceur d’un foyer. La Guerre… » (cité par Jacques Dierteten dans Le Chemineau des Montagnes) 

En décembre 1918, Léon rejoint la caserne de Rennes pour être démobilisé en mai 1920. À Grenoble où il suit des études d’ingénieur, il rencontre Jean-Paul Loustalot, élève de la même école que lui. Commencent avec son ami des courses en Montagne. « Au printemps 1922, ils progressent en escalade », écrit Jacques Dierteten. Tous deux réussissent quelques exploits lors des ascensions de la Vierge au mont Aiguille (juin 1922) et la Pierra Menta (en juillet 1922). « À mesure que l’on monte, l’âme s’élève aussi, se détachant de tout ce qui est bas et de tout ce qui est laid… », répétait l’alpiniste. 

Après son diplôme d’ingénieur, le jeune homme revient dans l’Ouest, mais l’appel de la montagne est plus fort. Il s’installe à Lyon puis à Grenoble. Après la mort de son ami Loustalot, il fait la première ascension hivernale du Râteau en 1930. « Un beau jour, il retourne à Rennes où il pense avoir trouvé une situation à sa mesure. Mais c’est encore un échec. » 

Une passion : la montagne

Revenu à Grenoble, il ne vit que pour et par la montagne. « En juin 1932, il fait l’ascension de la Barre des Écrins. Seul et arrivé au sommet, il a comme une vision : il faut qu’il fasse une très longue randonnée à skis en solitaire ; ne plus redescendre dans la vallée… » Mais pour partir en raid, il s’agit d’être imaginatif. « En bon ingénieur, il calcule, fabrique, pèse, essaye. D’abord la tente : elle doit être légère, solide pour résister à la neige et au vent. Ne trouvant rien dans le commerce, il la confectionne de toute pièce. » Ce n’est pas tout. Il confectionne son duvet, sa cagoule de tempête. Pour lui, la montagne représentait « quelque chose d’infiniment plus grand que pour la majorité des autres alpinistes ; elle prenait un caractère d’une expérience personnelle ; elle était un champ d’action intime de son être… C’est pour cela que les courses faciles ou banales lui apportaient autant de joie que les difficiles… », ajoute Jacques Dieterlen dans Le chemineau de la montagne.

Un dernier raid

Le 1er février, le jeune homme part pour son grand raid en direction du Tyrol. En trois mois, il parcourt 2000 kilomètres, dont 250 sur glacier ! Fort de ce succès, il pense à un nouveau périple : les 4000 m du Valais et de l’Oberland. Durant son aventure, il fait l’ascension de seize sommets de plus de 4000 m. Mais le Rennais fera une escapade de trop. Il meurt en escaladant l’Olan avec un ami, le 13 juillet 1934. « La solitude des neiges ! Quelle volupté lorsqu’elle est complète, que rien ne vous rappelle la présence de l’homme, pas même une trace. Elle représente alors la pleine liberté dégagée de toute contrainte sociale.» Il est inhumé au cimetière de Saint-Roch de Grenoble. Il fut l’auteur d’un carnet de route dans la revue La Montagne. De nombreux ouvrages évoquent son passé d’aventurier. Pour en savoir plus .  

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

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