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PÉAGE URBAIN : QU’EN PENSENT LES RENNAIS?

Le gouvernement veut faciliter l’implantation de péages urbains à l’entrée des grandes villes de plus de 100 000 habitants, dans le but de “limiter la circulation automobile et lutter contre la pollution”. D’après l’avant-projet de loi d’orientation des mobilités (LOM), la taxe sera perçue par l’autorité organisatrice de la mobilité (AOM) prévue par les villes ou les communautés de communes.

Selon le journal Le Figaro, l’avant-projet envisage un plafond de 2,50 euros, pouvant être multiplié par deux dans les villes de plus de 500.000 habitants ( Paris, Marseille et Lyon). “Des forfaits seraient applicables, voire la gratuité pour les conducteurs dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans la zone soumise à tarif de congestion”, ajoute Le Huffington Post. La loi d’orientation des mobilités devrait passer l’an prochain devant le Parlement.  “Ce seront les élus locaux qui décideront”, a confirmé François de Rugy sur BFMTV ce jeudi matin.

A Londres, les automobilistes de voitures les plus polluantes doivent payer environ 10 euros par jour. A Paris, la présidente de la région est contre la mesure. “Il y aurait d’un côté les Parisiens et métropolitains les plus riches. Et puis les autres, notamment les Franciliens les plus défavorisés. Ils sont déjà discriminés car ils ont souvent des véhicules anciens et n’ont pas la bonne vignette Crit’Air pour circuler dans Paris. Ce péage renforcerait leur sentiment d’exclusion.”

                                         “Cela s’arrête quand toutes ces conneries !”

A Rennes, la ville et la métropole seraient contre. “L’instauration d’un péage urbain n’est clairement pas une option retenue aujourd’hui par Rennes Métropole”, a expliqué Jean-Jacques Bernard, vice-président PS de Rennes Métropole aux transports et aux déplacements au micro de France Bleu Armorique. “La Métropole entend saisir d’autres leviers et notamment la massification du covoiturage du quotidien.”

A droite, Bertrand Plouvier, conseiller municipal de Rennes, souhaite une étude et un réel débat dans un communiqué envoyé à notre rédaction. “En pleine révision du Plan de déplacements urbains (PDU), le président de Rennes Métropole doit soumettre la proposition du gouvernement au débat et éventuellement à une étude prospective pour définir un périmètre cohérent et le tarif. L’exemple des péages positifs de Rotterdam ou de Lille à partir de la fin 2018 doivent également faire l’objet d’une étude.”

Bertrand Plouvier émet cependant quelques réserves.  “Je ne souhaite pas imposer une quelconque forme de discrimination aux habitants de notre métropole. Les habitants de la métropole doivent être exemptés de ce péage. La création d’une nouvelle taxe, d’un nouvel impôt, ne doit pas pénaliser les plus modestes, souvent dépendant de l’usage de la voiture pour se rendre sur leur lieu de travail.” Et d’ajouter : “Il faut arrêter à Rennes d’opposer les uns aux autres, les automobilistes aux cyclistes ou encore à ceux qui privilégient les transports en commun. En effet dans les années qui viennent avec le développement des véhicules électriques nous aurons des véhicules plus propres. Il faut apaiser le débat dès à présent et organiser une cohabitation harmonieuse entre tous les usagers de la voie publique.”

Un sentiment partagé par Carole Gandon (République en Marche), elle aussi sur France Bleu Armorique. “Je refuse le dogme anti-voiture à Rennes d’autant que les voitures de demain seront plus propres et plus silencieuses ; ce qui pose des problèmes aux Rennais c’est davantage la circulation sur la rocade, les problèmes de stationnement et certains parkings relais saturés, l’instauration d’un péage urbain risquerait d’être un facteur d’exclusion.” En revanche chez certains habitants, le sentiment est hostile. “Cela s’arrête quand toutes ces conneries”, dit l’un. “C’est la fin de l’année, il faut remplir les caisses !”, précise l’autre. “On va être obligés de revenir aux chariots ! Bientôt, on nous demandera de payer notre employeur pour aller bosser”, ajoute un dernier. D’autres seraient “pour” mais à condition de rendre “gratuits les transports en commun” ou encore “de multiplier les points relais et l’autopartage.”  

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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