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dimanche 21 juillet 2024
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LA VIE DANS LES CHAMPS : QUAND LES RURAUX FONT CAMPAGNE CONTRE LE VIRUS !

Avant le confinement, la campagne avait le sentiment d’être abandonnée. Mais désormais, avec le confinement, elle redevient presque un paradis. Elle ferait rêver beaucoup de citadins vivant difficilement cet épisode de restriction, cloitrés qu’ils sont souvent dans leurs appartements. Qu’en pensent les habitants vivant le confinement dans les villages environnants de Rennes ? Voici quelques témoignages de leur vie.

Véronique Corrot (Saint-Germain-sur-Ille). « Le confinement à la ville est extrêmement difficile pour les gens confinés en appartement », explique-t-elle. « À la campagne, dès le lever du jour, nous sommes réveillés par les oiseaux et notre premier regard est pour notre jardin. Notre promenade quotidienne se déroule dans un cadre agréable et nous passons beaucoup de temps à jardiner. Mais nous sommes autant limités dans nos déplacements et nous n’avons rien sous la main contrairement aux citadins. »

Ivanka habite à Saint-Gilles. « Ce n’est pas facile, on ne réalise pas encore qu’on est en confinement. Heureusement, on a toujours quelque chose à faire. Le matin on nourrit les poules, on ramasse quelques œufs, puis on va arroser un peu les plantes. En cette période, on prépare les semis. Je plante des poivrons, des tomates, des melons, des haricots, des petits pois, des pommes de terre. Sinon je ramasse des fraises, des framboises, des mûres. On fait aussi le palissage des vignes. Enfin, on taille un peu des arbres ou des haies. Le temps passe plus vite, on se rend moins compte du confinement. »

Sylvain habite à Brécé. « Notre famille habite dans un lotissement avec vue sur les champs. Nous sommes cinq avec des ados. Nous avons des relations très cordiales avec nos voisins. Mais nous ne sortons pas de la maison sans motif légal. Honnêtement, nous le vivons très bien. Nous bénéficions d’un cadre de vie qui permet de s’isoler si besoin, de prendre l’air dans le jardin. Mais nous continuons à télétravailler (la relation avec les familles d’élèves). Sinon, on préserve le contact avec la famille via les réseaux sociaux et nous faisons des Coronapéro en ligne. Je fais très attention à ma mère qui a une santé fragile et je ne veux pas être pour elle une source de contamination. Je ne lui ai rendu qu’une fois service pour la dépanner (avec masque) et en respectant les distances. »

Malika et Manu habitent à Laillé. « Nous avons décidé de faire mon confinement en mode vacances : barbecue et défis entre nous. En triant les affaires, on retrouve des trésors oubliés. Il y a aussi le jardin où l’on peut parler dehors de loin avec nos voisins en respectant une distance sociale. On prend notre temps pour tout et on essaie d’être un maximum détendu afin que les enfants le ressentent. Du coup, eux sont ravis, ils redemanderaient même que ça se prolonge. J’essaie de leur expliquer que c’est du jamais vu ce qu’on vit actuellement et je ne leur cache rien, mais je ne veux pas qu’ils paniquent pour autant car ils sont très anxieux. On espère quand même que ça se résoudra cet été… « 

Jean-Louis, écrivain, de Breteil. « Depuis des semaines, la départementale qui passe devant la maison est devenue bien silencieuse, comme au cœur du mois d’août : le silence mécanique des automobiles. Les champs se labourent, s’épandent et s’ensemencent sous l’effet des tracteurs au travail, et nous les voyons au loin soulever des volutes de poussière dans leur arrachement à la terre. Seuls les oiseaux conquérants lancent leurs trilles printaniers, dans cet étrange étirement du temps plein d’attente et de mélancolie songeuse. La vie au ralenti rêve au milieu de la campagne. »

 

Karine et Jacques habitent à Sainte-Colombe près de Janzé. « Nous profitons à fond de notre espace vert (3000m2) », expliquent-ils. « Il y a beaucoup à faire. Avec le printemps, tout pousse très vite. Nous réaménageons notre terrasse et notre décoration florale. » Comme beaucoup de ruraux, ils profitent de la nature environnante. « Les animaux sont ravis. Ils ont plus de liberté que d’habitude et il n’y a plus de trace d’avion dans le ciel si bleu, mais il y a toujours des tracteurs qui passent devant chez nous. » Pour eux, le retour à la réalité : ce sont les courses dans le supermarché. « La méfiance des uns et des autres et la présence des contrôles de gendarmerie sont anxiogènes. Mais nous évitons les déplacements et nous faisons nos achats de 1èrenécessité que sur internet. Ce sont surtout les relations sociales qui nous manquent, notre famille principalement. Le multimédia nous a permis de fêter les 4 ans du petit-fils de Jacques et de rester en contact régulier avec nos proches et mes collègues. Le passage de l’infirmière une fois par semaine donne l’impression de garder le lien avec l’autre monde.  Toutefois, habiter la campagne en cette période de confinement est un grand privilège, et surtout avec l’arrivée des beaux jours. Avec tout ce qu’on fait, on en oublie le confinement. Mais nous avons tout de même hâte de pouvoir ressortir en toute sérénité, de retrouver nos activités habituelles, la vie normale quoi ! « 

Dragan Brkic
Dragan Brkic
Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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