À Rennes, le boulevard Laennec fait partie du paysage. Situé dans le prolongement de la rue de Châteaudun, à deux pas du parc du Thabor, il est bordé de restaurants, d’un lycée et de bâtiments administratifs. Pourtant, peu de Rennais savent réellement qui était l’homme derrière ce nom. Un ouvrage de plus de 600 pages, publié aux éditions PUR, vient justement remettre en lumière cette figure majeure de l’histoire de la médecine. Dans Laennec, l’invention du diagnostic moderne, l’historienne Jacalyn Duffin retrace le parcours exceptionnel de René-Théophile-Hyacinthe Laennec (1781-1826), médecin breton devenu l’un des plus célèbres cliniciens d’Europe.
Né à Quimper, élevé en partie à Nantes chez son oncle, Laennec rejoint Paris en 1801 pour étudier la médecine dans le prestigieux quartier latin. Il y suit les enseignements des grandes figures médicales de l’époque et participe à l’essor des sociétés savantes au lendemain de la Révolution française. C’est pourtant une invention qui fera entrer son nom dans l’histoire : le stéthoscope. En développant la technique de l’auscultation médiate, Laennec révolutionne la manière d’examiner les patients et pose les bases du diagnostic moderne. Son traité publié en 1819 marque un tournant majeur dans la médecine.
Mais le livre de Jacalyn Duffin ne se limite pas au scientifique. Il dévoile aussi un homme passionné de musique, amateur de danse, de chasse et d’écriture. Un personnage complexe, brillant mais parfois orgueilleux, profondément croyant et attaché à sa Bretagne natale. « Son invention a été comparée à celle de Gutenberg », rappelle l’autrice, elle-même hématologue et historienne de la médecine. Malade de la tuberculose, il se retire finalement dans son manoir de Kerlouarnec, près de Douarnenez, où il meurt le 13 août 1826 à seulement 45 ans. Derrière le nom d’un boulevard rennais se cache finalement l’un des pères fondateurs de la médecine moderne. Laennec, l’invention du diagnostic moderne, Jacalyn Duffin, éditions PUR, 29 euros.



