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JÉRÉMY TOURAINE : LE MOISSONNEUR DES PLANTES INVASIVES

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Jérémy Touraine aurait voulu devenir marin, partir loin comme jadis ces marins de Terre-Neuve dans les eaux froides du nord de l’Europe. Mais petit gars de Bruz, la mer demeure parfois un rêve. Il a trouvé toutefois le moyen d’accomplir un tant soit peu son désir. Il s’est transformé en « moissonneur » de plantes invasives (myriophylles, jussie) sur les étangs et les rivières de nos régions. « Ces vivaces proviennent d’Amérique du Sud. Elles ont été importées pour décorer les bassins et les aquariums. Depuis, elles envahissent nos cours d’eau », précise-t-il.  

Un travail en plein air

Tous les ans, Jérémy était confronté aux invasions dans son étang de cinq hectares. « Je louais des machines », convient-il. « Le coût revenait à des milliers d’euros et cela représentait une somme non négligeable. » Tant qu’à dépenser de l’argent, il a préféré investir dans un Truxor (le nom de l’appareil suédois) pour réaliser lui-même le chantier. « Comme je m’y plaisais dessus, je me suis dit : pourquoi ne pas en faire en mon métier ! J’ai découvert une profession passionnante. »

Comme les ramasseurs de goémons, Jérémy travaille en plein air. Comme eux, il fait des tas et encore des tas. Mais là s’arrêtent les comparaisons, lui ne possède pas de charrette. Il dispose d’un véhicule amphibie avec des chenilles qui roule aussi bien sur la terre comme sur l’eau. Ressemblant fort étrangement aux chars américains sur nos plages normandes (on exagère un peu !), il embarque tous les jours de la semaine, par temps de pluie ou sous un beau soleil. 

Un poisson dans l’eau

À Goven, ce jour-là, dans une magnifique propriété, le jeune homme a de quoi faire. Devant lui s’étendent des mares sur une vingtaine d’hectares où une plante revient subrepticement tous les ans. Sans hésiter, le Bruzois démarre son engin. Sur le sol meuble, il avance difficilement, mais une fois sur l’étang, la machine est comme un poisson dans l’eau. Elle arrache les « invasifs » d’un coup de pelle mécanique, avant de regagner les berges pour déposer sa récolte. 

 On est obligés de secouer nos paniers pour que les perches, les anguilles s’en aillent », explique Jérémy. 

Durant une bonne partie de l’après-midi, le jeune chef d’entreprise renouvelle la manœuvre sous les yeux d’aigrettes. « Des espaces sont bien plus faciles que d’autres à traiter, » admet-il. Mais convenons-en, sa machine rend bien des services. « Je reste disponible pour tous les propriétaires de la région. Je peux venir très rapidement sur leurs domaines et le coût est donc moindre. »

Du faucardage 

Parfois, Jérémy faucarde à tire-larigot ! « Je dispose d’un imposant taille-haie descendant sous l’eau à deux mètres de profondeur pour couper les plantes subaquatiques géantes (egeria). » Là encore, son travail demeure essentiel. « Ces espèces remontent à la surface et peuvent empêcher les bateaux de naviguer. Elles peuvent priver toute la vie aquatique ! » Mais que les riverains se rassurent, Jérémy sera toujours là et risque de l’être un certain temps. « On n’est qu’au début ! Une autre plante invasive est en train d’arriver dans notre région. » Jérémy Touraine, La Pérelle, Bruz. 07 69 12 60 71.

Autre corde à son arc : Jérémy Touraine peut remplacer ses outils par une grande pompe pour dévaser les cours d’eau et les rivières. 

 

 

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

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