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vendredi 19 juin 2026
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hausse des abonnements STAR : « nous ne dégraderons pas le réseau », répond Rennes Métropole aux partisans de la gratuité

Le débat aura duré longtemps. Derrière une hausse des abonnements STAR, les élus métropolitains ont surtout confronté deux visions du transport public. D’un côté, une majorité qui assume une augmentation tarifaire pour continuer à développer le réseau. De l’autre, des élus qui plaident pour la gratuité des transports en commun. Jeudi 18 juin, le conseil métropolitain a finalement adopté une hausse moyenne d’environ 5 % des abonnements à compter du 1er juillet.

Pour Valérie Faucheux, vice-présidente de Rennes Métropole chargée des mobilités, cette décision est devenue incontournable. Face aux élus, elle a dressé le portrait d’un réseau STAR en pleine croissance. « Nous avons aujourd’hui plus de 26 millions de kilomètres de services, deux lignes de métro, 22 lignes de bus urbains, 32 lignes métropolitaines, 78 lignes scolaires, cinq lignes de nuit, les lignes express, le service Handistar, 55 rames de métro, 519 bus et autocars et 30 véhicules adaptés », a-t-elle rappelé.

Le réseau n’a jamais transporté autant de voyageurs. En 2025, plus de 111 millions de déplacements ont été enregistrés. Selon une étude de l’Union des transports publics, Rennes dispose même de l’offre kilométrique par habitant la plus élevée parmi les métropoles françaises de plus de 250 000 habitants, avec 56,2 kilomètres par habitant contre une moyenne nationale de 35,4. Pour justifier cette augmentation, les recettes supplémentaires doivent notamment permettre de financer plus de deux millions de kilomètres de service supplémentaires dans les communes de première et deuxième couronne, l’arrivée de sept nouvelles rames sur la ligne A du métro, le futur dépôt bus de la Plaine de Baud, le développement des lignes de trambus ou encore la poursuite de la décarbonation de la flotte. « Nous faisons le choix d’investir massivement dans les mobilités », a-t-elle défendu.

Mais cette montée en puissance a un coût. « Nous constatons aujourd’hui un décalage important entre les recettes et les dépenses », a expliqué Valérie Faucheux. En 2019, les recettes voyageurs représentaient 33,4 % des dépenses d’exploitation. Elles ne couvrent plus aujourd’hui que 29,2 % des coûts du réseau. Pour l’élue, continuer à développer l’offre sans ajuster les tarifs reviendrait à fragiliser durablement le budget transports. À compter du 1er juillet, l’abonnement des 12-17 ans passera ainsi de 22,30 à 23,60 euros par mois. Celui des 18-26 ans augmentera de 25,20 à 26,60 euros. L’abonnement plein tarif des 27-64 ans passera de 52,95 à 56 euros, soit une hausse de 3,05 euros par mois. Les plus de 65 ans paieront désormais 33,30 euros.

Le ticket unitaire restera fixé à 1,70 euro. Rennes Métropole maintient également la gratuité pour les moins de 12 ans ainsi que la tarification solidaire. Aujourd’hui, près de 81 000 abonnés bénéficient d’une réduction ou de la gratuité, un chiffre quasiment équivalent au nombre d’abonnés payant le plein tarif. La délibération n’a toutefois pas convaincu tout le monde. Au nom du groupe Vivre Rennes, Carole Gandon s’est interrogée sur le calendrier retenu par l’exécutif. « Les tarifs n’avaient pas augmenté depuis 2019. Or cette hausse intervient quelques semaines seulement après les élections municipales. Je ne crois pas avoir vu cette mesure dans votre programme. Les électeurs non plus, sans doute », a-t-elle lancé.

Au passage, l’élue a  pointé le fonctionnement des portillons du métro, régulièrement ouverts dans plusieurs stations. « Avant d’aller taper dans les poches des voyageurs honnêtes, la priorité devrait être de sécuriser les recettes existantes », a-t-elle estimé, demandant des précisions sur le niveau réel de fraude. En réponse, Valérie Faucheux a reconnu des difficultés. « Nous avons effectivement constaté une remontée de la fraude liée aux dysfonctionnements des portillons », a-t-elle répondu. Selon elle, l’entreprise qui les avait installés a été placée en liquidation. Un nouveau marché a été lancé et les remplacements ont déjà commencé station après station.

La gratuité en question

Mais c’est surtout la question de la gratuité qui a animé les échanges. Victor Bayard, élu du groupe Insoumis, écologistes et citoyens, a annoncé son vote contre la délibération. « Acter ces augmentations tarifaires, c’est aller à l’encontre de l’élan social et écologique que représente la gratuité des transports en commun », a-t-il défendu. Pour l’élu, le coût des contrôles, des portiques et de la billettique constitue lui-même un argument en faveur d’un changement de modèle. « Le report modal vers les transports gratuits témoigne de l’efficacité de cette politique publique », a-t-il affirmé.

Face à lui, plusieurs élus de la majorité ont défendu un autre raisonnement.  Pour l’élu communiste Romain Poujol, la gratuité totale serait injuste. « Elle fait payer la même chose à ceux qui en ont les moyens et à ceux qui ne les ont pas. La tarification sociale, elle, combat les inégalités », a-t-il plaidé. Même tonalité chez Valérie Faucheux. « Nous partageons l’objectif d’un droit universel à la mobilité. Mais la gratuité ne marche que sur une jambe : il manque le financement », a-t-elle déclaré. «Supprimer les recettes tarifaires représenterait près de 57 millions d’euros à compenser chaque année. « Cela voudrait dire moins d’investissements, moins de bus, moins de fréquence ou davantage d’impôts. Nous ne serons pas la majorité qui enclenchera un processus conduisant à dégrader notre réseau », a-t-elle conclu. La hausse a finalement été adoptée. Mais le débat sur la gratuité des transports, lui, est loin d’être refermé.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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