Selon le point de situation établi à 6h30 ce vendredi 9 novembre par le préfet, le scénario anticipé par Météo-France s’est déroulé conformément aux prévisions. Les rafales les plus marquées ont été relevées autour de minuit, avec des pointes à 100 km/h à Rennes et Dinard, et 90 km/h à La Noë-Blanche en début de soirée. À 6h00, l’Ille-et-Vilaine est repassée en vigilance jaune pour l’ensemble de la journée, confirmant une amélioration progressive des conditions météo.
En Ille-et-Vilaine, 19 interventions ont été recensées sur 17 communes, principalement pour des chutes d’arbres, des câbles électriques arrachés et quelques chutes de matériaux. Au micro de Ici Armorique, le lieutenant-colonel Mathieu Malfait, directeur départemental adjoint du SDIS 35, a dressé un bilan rassurant. « Finalement, peu d’interventions directement liées à la tempête. Nous avions anticipé avec les collectivités et les services de l’État. La mobilisation a été importante, mais le volume d’appels est resté raisonnable. »
Au total, 74 sapeurs-pompiers ont été engagés sur le terrain durant la nuit. Plus de 1 000 étaient mobilisables à l’échelle du département, et plus de 700 restent disponibles ce matin en cas de nouveaux appels. Aucun blessé n’est à déplorer, ni parmi la population ni chez les secours. Le lieutenant-colonel Malfait appelle toutefois à la prudence, notamment pour les déplacements matinaux, en raison de possibles branches ou débris encore présents sur les chaussées secondaires.
Côté réseaux, des coupures d’électricité ont été signalées. En Bretagne, environ 21 000 foyers ont été privés de courant, dont 500 en Ille-et-Vilaine, notamment dans le secteur de Romillé. Enedis a déclenché ses dispositifs d’intervention afin de rétablir l’alimentation dans les meilleurs délais. Des arrêtés préfectoraux avaient également été pris en amont, avec des limitations de vitesse, des interdictions de dépassement pour certains véhicules et la fermeture temporaire des cimetières, des parcs rennais, des massifs forestiers en raison du risque de chutes d’arbres.
Si la Bretagne s’en sort globalement bien, la tempête s’est montrée nettement plus violente ailleurs sur la façade Manche. Dans les Côtes-d’Armor, des rafales de 152 km/h ont été mesurées à Bréhat, établissant un record pour un mois de janvier. Plus à l’est, dans le département de la Manche, les valeurs ont atteint des niveaux exceptionnels, avec 172 km/h relevés à Barneville-Carteret et jusqu’à 196 km/h à Barfleur.
La violence de l’épisode s’est également illustrée à Gatteville-le-Phare, où une rafale exceptionnelle à 213 km/h a été enregistrée, un niveau comparable à ceux observés lors des tempêtes les plus marquantes de l’histoire récente. Ces conditions extrêmes expliquent l’ampleur des dégâts et des coupures d’électricité recensées en Normandie, où la vigilance rouge était en vigueur.



