Le verdict est tombé ce vendredi 25 septembre devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, après plusieurs jours de procès consacrés à la fusillade survenue le 24 juin 2022, allée de Brno, dans le quartier de Maurepas à Rennes. Sur les sept hommes jugés, plusieurs ont été lourdement condamnés. Jérôme Issaka écope de la peine la plus importante : 25 ans de réclusion criminelle, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Un mandat de dépôt a été délivré à son encontre.
Franck Jubin est condamné à 18 ans de réclusion, également avec une période de sûreté des deux tiers et un mandat de dépôt. Il est reconnu coupable notamment d’association de malfaiteurs. Naomi Beldjilali est condamné à 12 ans, avec une période de sûreté des deux tiers et mandat de dépôt. Nasser Attoumani écope, lui, de 10 ans d’emprisonnement, avec mandat de dépôt. La cour a également prononcé à son encontre une interdiction de paraître en Bretagne.
Souryba Dabo est condamné à huit ans d’emprisonnement, dont six ans assortis du sursis. Reconnu coupable d’association de malfaiteurs, il ressort libre à l’issue de l’audience. Un autre accusé, soupçonné d’avoir pu être le chauffeur du scooter, n’a pas été reconnu coupable des faits criminels qui lui étaient reprochés, la cour ayant retenu un doute sur son rôle exact. Il est toutefois déclaré coupable d’association de malfaiteurs et condamné à un an de prison avec sursis.
Un septième accusé a, lui, été acquitté. La cour n’a retenu aucune culpabilité à son encontre. Les sept hommes étaient jugés quatre ans après les tirs qui avaient semé la terreur dans le quartier de Maurepas. Le 24 juin 2022, peu avant 17 h, deux hommes vêtus de noir avaient déboulé à scooter au pied de la tour du 6, allée de Brno. Le passager avait ouvert le feu au pistolet-mitrailleur en direction de deux hommes. Les deux personnes visées avaient pris la fuite à pied, poursuivies par le scooter.
À quelques mètres de là, trois policiers procédaient alors à des contrôles. Arrivé à une vingtaine de mètres des fonctionnaires, le scooter s’était arrêté. Selon les policiers, le tireur avait alors dirigé son arme vers eux avant de tirer une rafale dans leur direction. « Couchez-vous ! », avait crié l’un des fonctionnaires à ses collègues. Aucun policier n’avait été blessé.
Quelques minutes après les faits, une Peugeot transportant trois hommes avait été interceptée. Tous étaient vêtus de tenues de pluie complètes, malgré la chaleur estivale. Deux heures plus tard, les enquêteurs avaient également inspecté une Audi A3 dans laquelle avaient été retrouvés notamment un chargeur et une cartouche de calibre 9 mm. Les investigations scientifiques et les analyses ADN avaient ensuite permis d’alimenter un dossier examiné pendant plus d’une semaine par la cour.
Cette fusillade s’inscrivait dans un contexte de guerre autour du trafic de stupéfiants à Maurepas. En juin 2022, plusieurs équipes se disputaient le contrôle d’un important point de deal du quartier. Quelques jours avant les tirs de l’allée de Brno, le domicile de l’un des protagonistes de ce trafic avait déjà été mitraillé à Thorigné-Fouillard. La veille de la fusillade, un homme avait également été tué d’un coup de couteau et un autre avait été victime d’une tentative de meurtre.


