Série d’été : où sont nos statues ? Tout au long du mois d’août, découvrons les oeuvres d’arts rennaises… que l’on croise parfois sans y prêter attention. Aujourd’hui, descendons (un peu) sous terre… à la Poterie.
Inaugurée au solstice d’hiver 2000, Furtivité solaire est une œuvre de l’artiste Hélène Vans installée dans le passage souterrain du Ronceray, sous le boulevard Paul Hutin-Desgrées, dans le quartier de la Poterie à Rennes. À la fois sculpture et dispositif architectural, elle transforme un simple tunnel piéton en expérience sensorielle.
À l’origine, ce long passage creusé dans les années 1980, reliant une zone d’habitat à un espace commerçant, souffrait d’un manque d’usage et d’attractivité. L’intervention d’Hélène Vans vient bouleverser cette perception. Au cœur du tunnel, une fente laisse pénétrer un rayon de lumière naturelle, traversant la structure et animant l’espace. Suspendue dans cette faille, une sculpture monumentale en inox (10 x 4 x 2 mètres) capte et reflète ce faisceau, jouant avec ses variations au fil de la journée et des saisons.
Un cadran solaire à ciel ouvert… ou presque
Pensée comme un « stylus », la sculpture agit à la manière d’un cadran solaire. Elle marque le temps, rythme les déplacements et transforme le passage en lieu scénographique et cinétique. Les murs du tunnel, autrefois peints en orange, deviennent support de projections lumineuses changeantes. Chaque jour, la lumière y dessine une nouvelle configuration, avec un moment particulièrement marquant : le 21 juin, lorsque le soleil éclaire verticalement les parois.
Au-delà de son aspect formel, Furtivité solaire porte une ambition plus large : redonner vie à un espace délaissé. Hélène Vans imagine ici un lieu de passage devenu lieu de rencontre, presque une agora. Les frontières entre extérieur et intérieur, entre surface et souterrain, s’estompent. Le passant n’est plus seulement en transit : il devient spectateur, voire acteur de l’œuvre.
Artiste contemporaine, Hélène Vans développe une pratique à la croisée de la sculpture et de l’espace public, interrogeant les interactions entre lumière, architecture et perception. Avec Furtivité solaire, elle signe à Rennes une œuvre discrète mais puissante, où le temps et la lumière deviennent les véritables matériaux.


