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FLORIAN BELLEIL : LE PEINTRE SOCIAL

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“Je fais du coloriage, mec !”, explique Florian Belleil. Dans ces quelques mots, l’artiste minimise à outrance son art ; comme pour conjurer les mauvais esprits qui pourraient le taxer d’un orgueil mal placé. Mais rendons à Florian ce qui est à Florian. Ce peintre-là a indéniablement du talent. Il a trouvé son style dans une peinture sociale et colorée.

 

Loin de la mouvance du moment où l’on a besoin de la médiation pour comprendre l’art, Florian Belleil tisse sa toile. A 40 ans, il en a fait du chemin depuis Quimper où il était en classe préparatoire “arts appliqués” pour préparer les meilleures écoles des Beaux-Arts. “Mes professeurs quimpérois m’ont appris à voir, à regarder, à lire une image de Courbet, du Caravage ou de Rembrandt.”

C’est l’époque où le jeune Breton parcourt les galeries bretonnes, le Musée des Beaux-Arts de Quimper où Lemordant (le peintre du plafond de l’opéra de Rennes) et Mathurin Méheut lui donnent l’amour du bleu indigo, la couleur bretonne par excellence ! De cette “décortication” artistique, de cet apprentissage, il en ressort peintre…

Pourtant durant quelques années, Florian ne peint pas. Il joue de la musique. Il travaille dans le médico-social où son univers n’est plus le bleu indigo, mais parfois des doux dingues. Il lit le monde sous un prisme particulier. Mais de cette expérience, il en ressort grandi. Il trouve chez les malades, chez les autistes, chez les personnes fragiles, les sans grades une “concentration émotionnelle”. “C’était et c’est une grande richesse”, se se plait-il à dire.

Dans ce monde clos où il a posé son chevalet, Florian travaille la nuit. Il peint des hommes fragilisés, fatigués par la vie. Il peint des mains décharnées, des visages ridés, des cheveux hirsutes. On est dans un univers de dénouement et de petites fragilités. On est dans un monde où le peintre rend compte comme un journaliste. “La peinture est parfois un média”, précise-t-il.

Pour lui, le figuratif est une nécessité pour témoigner encore et encore de son monde. “Il reste un moyen de lecture immédiate. Il donne une forme de sacralité dans l’image peinte, une éternité.” On est dans la création pure et simple. On n’est pas loin d’un certain Borremans, photographe et peintre belge. C’est dire le talent de Florian !  https://www.artefields.net/art-contemporain/michael-borremans/

Florian peint parfois sur commande. Ici, Camille et Gaspard.

 

A propos de l'auteur

Jean-Christophe COLLET

J-C Collet est journaliste et auteur (Lieux romantiques à Paris, Bretagne Chic, On dit qu'en Bretagne, Bretagne pas chère, Livre blanc sur le Nucléaire...).

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