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FACE AU RISQUE DE SATURATION, LE CHU DE RENNES APPELLE À LA SOLIDARITE TERRITORIALE

Ecrit par Lisa be
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Le CHU de Rennes est fortement “impacté” par l’accélération significative de la circulation du virus SARS-COV 2 en Ille-et-Vilaine et particulièrement sur Rennes métropole. Depuis plusieurs semaines, l’établissement a augmenté significativement ses capacités d’accueil en réanimation et en médecine face à un nombre de patients Covid jamais atteint auparavant.  

L’établissement, en lien avec l’ARS Bretagne, appelle à une prise en charge équilibrée des patients entre tous les établissements.

En première ligne, le CHU prend en charge 44% des patients Covid hospitalisés d’Ille-et-Vilaine et un tiers des patients Covid hospitalisés dans les réanimations bretonnes (144 patients au total). Dans son service de réanimation, 83 lits sont désormais ouverts (patients COVID ou non) sur un maximum de 100 lits grâce à la fermeture de 7 salles de blocs opératoires. “Depuis le début de la crise, nous continuons à soigner tous les patients Covid ou non en réanimation. Nous arrivons à faire les deux mais au prix d’une surcharge de travail”,  tient à préciser Eric Wodey, responsable d’unité d’anesthésie.

Le CHU déprogramme actuellement déjà près de 25 % de ses activités de chirurgie et de médecine

Encore aujourd’hui, l’objectif est d’éviter à tout prix la déprogrammation des patients. Mais face à “la quasi-saturation des lits”, le CHU appelle à une “solidarité territoriale” entre tous les établissements. “Le mois d’avril va être très compliqué ; c’est pourquoi nous lançons cet appel. L’objectif est de continuer à soigner tous les patients sans exception”, convient le professeur Matthieu Revest, infectiologue. “Nous sommes inquiets de ce qui pourrait arriver dans les prochains mois. Nous ne créons pas comme cela des lits de réanimation ! Nous sommes désormais à 80% de nos capacités”, précise le professeur Jean-Yves Gauvrit, président de la CME.

Nous essayons que chaque réanimation ait toujours une marge de 3 à 4 lits pour ne pas avoir de difficultés”, ajoute le professeur Yannick Malledant, médecin réanimateur co-coordinateur des soins critiques pour la région Bretagne.

A tout niveau, la solidarité territoriale est nécessaire et attendue par le CHU de Rennes. “Nous attendons beaucoup de nos confrères pour prendre en charge des patients non COVID”, précise Eric Wodey. Beaucoup de malades ont d’ailleurs été transférés vers d’autres réanimations de la région (CH Saint-Malo, CH Bretagne-Atlantique de Vannes, Groupement Hospitalier Bretagne-Sud de Lorient). “Depuis un mois et demi, nous comptons 17 patients hospitalisés en réanimation au CHU partis vers d’autres établissements de Bretagne dont une dizaine a été orientée d’emblée vers d’autres réanimations.”

Au vu de la dégradation de la situation et de l’impossibilité pour le CHU de “majorer” ses déprogrammations, l’ARS (Agence régionale de Santé) de Bretagne vient de demander ce vendredi 26 mars à l’ensemble des établissements du territoire de dégager des lits supplémentaires en médecine et en réanimation (6 lits ouverts en réanimation du CHP de Saint-Grégoire le 29 mars contre 4 jusqu’à cette date) et afin de pouvoir “mutualiser” des ressources humaines (médecin anesthésiste réanimateur…).

Quelques chiffres à retenir : depuis la seconde vague en novembre 2020, le nombre de patients Covid hospitalisés au CHU de Rennes n’est jamais redescendu en dessous de 70 patients. Le taux d’incidence atteint ce jour 315 pour 100 000 habitants sur la métropole rennaise alors qu’il n’était encore que de 206 il y a dix jours soit une augmentation de 53 % en dix jours. La part des appels SAMU pour motif COVID représente désormais entre 10 et 14% des appels contre 6-7% mi-mars ; les sorties SMUR pour motif COVID sont au nombre de 4 à 7 par jour contre 1 à 2 quotidiennes mi-mars.  Les patients COVID hospitalisés sont désormais plus jeunes : la moyenne d’âge des patients actuellement hospitalisés est de 64,5 ans et de 59 ans en réanimation (dont des patients âgés entre 20 et 40 ans).

Des clusters au CHU : la tension est par ailleurs majorée par des clusters (soignants et patients contaminés par la Covid-19) dans plusieurs services de médecine du CHU. “Depuis le début de la crise sanitaire, 836 professionnels du CHU ont été contaminés par la Covid malgré la vigilance accrue des équipes sur le respect des mesures barrière”, précise le CHU.

 

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Lisa be

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