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ENFERMÉ DANS SA CHAMBRE D’ÉTUDIANT, PAUL EST EN QUARANTAINE DANS LE PLUS GRAND CLUSTER D’ANGLETERRE !

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Le Rennais Paul est étudiant à Manchester. Arrivé depuis maintenant un mois sur le sol britannique, il n’a pas encore vu grand-chose de la ville. Loin des siens, il raconte son “isolement” dans son petit appartement où il est placé en quatorzaine, covid-19 oblige.

“J’ai bien entendu vécu une première quatorzaine lors de mon arrivée, mais je pensais être sortis d’affaire le 23 quand mes 14 jours d’isolements avaient été effectués ! Étant ici pour étudier, je suis logé comme toute la première année dans des résidences étudiantes, plus ou moins confortables, la mienne se rapprochant plus d’une prison soviétique que d’un trois étoiles. Je partage mon ” flat” (appartement) avec 8 autre étudiants dont un Polonais, un Espagnol et une Hongkongaise. La cuisine est commune, tout comme les douches et les toilettes. Des “flats” comme le mien, il y en a 28 dans mon bâtiment, il y a donc une forte concentration d’étudiants.

En isolement

Traditionnellement, la première semaine universitaire en Angleterre est réservée à l’intégration, avec la fameuse “freshers week”. Évidemment, avec le COVID cette dernière a été cette année annulée, pas d’évènements sur le campus donc, cependant les “flat parties” (fêtes dans les appartements) ont eu le vent en poupe. Tous les soirs du 21 au 28 septembre, les étudiants se sont retrouvés dans des “flats” et sympathisaient tous. L’affluence est restée correct dans ma résidence, cependant selon certains témoignages, il y aurait eu jusqu’à 60 personnes dans un seul et même flat, à Fallowfield, résidence réputée pour son animation. La police est intervenue, car depuis le 9 septembre, les rassemblements de plus de 6 personnes sont prohibés au Royaume-Uni.

L’insouciance est bien loin

L’insouciance des premiers jours a aujourd’hui laissé place à l’inquiétude. La semaine du 28 septembre a été une hécatombe, les premiers cas de COVID dans différentes résidences ont été recensés et certains « flats » ont été mis à l’isolement. Au fur et à̀ mesure des jours, les symptômes apparaissaient et de plus en plus d’étudiants sont allés se faire tester, ce qui à résulté en un véritable cluster, Fallowfield (un des résidences universitaires de l’Université de Manchester) est même l’endroit en Angleterre qui concentre le plus de cas de COVID à l’heure actuelle. Désormais, la majorité des flats dans ma résidence sont en isolement, et les portes d’entrées sont décorées de têtes de morts et de messages de prévention, les fenêtres sont quant à̀ elles l’occasion d’écrire des messages plus ou moins drôles à destination des passants, comme “save us”.

Depuis cette semaine du 28, le mécontentement des étudiants n’a cessé d’augmenter. Si nous assumons notre irresponsabilité lors de la “freshers week”, cette dernière ayant évidemment contribué à propager le virus à vitesse grand V, l’attitude de l’université est jugée par beaucoup problématique. Tout d’abord, celle-ci ne semble pas vouloir porter sa part de responsabilité, et fait porter le chapeau aux étudiants en soulignant leur manque de civisme. Il serait utile de rappeler que l’on a été encouragé à emménager dans les résidences, et l’on nous a promis que notre vie universitaire ne serait pas trop impactée. La réalité est tout autre. Les cours en amphi ont été déplacés sur le site internet de l’université, site -il faut le souligner- moyenâgeux et extrêmement opaque. Les cours sont la plupart du temps de simples diaporama commentés, en effet très peu de cours s’effectuant par zoom (donc en live).

Des cours en diaporama

 Au moment où j’écris ces mots, ou nous a confirmé qu’aucun cours (même ceux en petits effectifs) ne pourraient avoir lieu sur le campus. Ma voilà donc enfermé dans ma chambre étudiante, dans une ville que je ne peux pas découvrir et ou je n’ai pas de raison d’être puisque je pourrais actuellement être à Rennes et bénéficier d’exactement les mêmes services qu’à Manchester. La situation serait plus facile à̀ accepter si nos conditions de vie étaient correctes. Malheureusement, le soutien de l’université est quasiment inexistant.

Heureusement, on a eu la bonne idée d’aller faire de très grosses courses avec mes colocataires afin de « survivre », mais de nombreux flats ont été pris de court et n’ont pas eu le temps de sortir faire des achats. L’université interdisant formellement de sortir faire des achats -même essentiels- les étudiants vont se retrouver avec  peu de nourriture pour se nourrir, lors des 14 prochains jours. La seule solution offerte est de payer des « Food box » fournis par l’université comportant des aliments de base déposés devant les appartements. Certains ont reçu leur déjeuner à 16 heures, d’autres pas du tout…L’accumulation de ces déceptions conduit beaucoup d’étudiants à se demander s’il était totalement raisonnable de débourser 9250£ en frais d’inscription dans une institution qui se proclame comme étant l’une des plus prestigieuses au monde.”

 

A propos de l'auteur

jean-christophe collet

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