RENNES, 28 août 2026 (PressPepper). La cour criminelle départementale (CCD) d’Ille-et-Vilaine a condamné ce vendredi 28 août 2026 un sans domicile fixe rennais de 41 ans pour avoir violé une femme très alcoolisée place Pasteur, à Rennes,, le 29 juillet 2024.
Ce jour-là, la police est alertée par un « appel d’urgence » vers 23h. Depuis sa fenêtre, cet habitant du centre-ville explique assister à un viol sous ses yeux. A leur arrivée sur place, cinq minutes plus tard, les fonctionnaires retrouvent une femme « inanimée » et « allongée sur un banc ». Un suspect, à l’époque âgé de 39 ans, est immédiatement placé en garde à vue, alcoolisé, avant d’être mis en examen pour « viol sur une personne vulnérable » et placé en détention provisoire.
Mais Neji X a toujours nié les faits de « viol » : lui et sa victime n’auraient fait que « échanger des bisous ». « J’ai éjaculé sur moi mais il n’y a pas eu de rapports », a certifié ce Tunisien d’origine; lors de son procès devant la cour criminelle d’Ille-et-Vilaine ces jeudi 27 et vendredi 28 août 2026. La femme n’était pas non plus « inerte », selon lui, même s’il ne s’est « peut-être pas rendu compte qu’elle était aussi inconsciente ». Pour sa part, il était sorti de prison trois mois plus tôt, après trois ans derrière les barreaux pour des « violences conjugales ».
Reste que le riverain à l’origine de l’appel à la police a certifié avoir vu « entre quinze et vingt mouvements de va-et-vient » de la part de cet homme sur cette femme « inerte sur un banc ». La victime, qui n’avait pas été partie prenante à la procédure, s’est finalement déplacée au procès de son agresseur ce jeudi 27 août 2026 au Parlement de Bretagne. Cette femme à la vie marquée par les « violences conjugales » et qui a « appris à éteindre son cerveau » n’a gardé aucun souvenir de cette soirée, si ce n’est de s’être « réveillée aux urgences… »
La veille des faits, la victime avait ainsi été hospitalisée avec 3 g d’alcool par litre de sang : cette femme a « commencé à boire à 8 ans, à Noël en famille ». En situation « très précaire » à l’époque, elle va « mieux » aujourd’hui. Interrogée par le président sur ce qu’elle « attend de l’audience », elle répond qu’elle aimerait « juste que tout le monde soit heureux… » Mais pour l’avocat général, Tanguy Courroye, les faits sont graves. « Il y a la certitude d’une éjaculation externe » a retenu l’avocat général.
Si les expertises génétiques ont permis de déceler des traces de sperme sur les seuls sous-vêtements de la victime, cela « n’exclut pas du tout la pénétration sexuelle ». Pour ces faits, il a requis douze ans de réclusion criminelle pour « viol sur personne vulnérable » ou a minima pour « tentative ». De l’autre côté de la barre, les avocates de la défense, Mes Delphine Caro et Manon Le Roux, ont estimé qu’il y avait eu tout au plus « agression sexuelle ». « Aucune lésion vaginale et aucune trace de sperme sur la peau n’ont été retrouvées chez la victime », ont affirmé en substance les femmes de loi.
La cour criminelle départementale d’Ille-et-Vilaine s’est finalement rangée à l’avis de l’avocat général : Neji X a écopé de douze ans de réclusion criminelle et a été frappé d’une interdiction du territoire français (ITF) définitive. Il sera aussi inéligible pour dix ans et son nom a été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS)./AP et GF (PressPepper)


