Dernier volet de notre série d’été : « où sont nos statues ? » à la découverte des oeuvres d’arts rennaises… que l’on croise parfois sans y prêter attention. Aujourd’hui, zoom sur la colonne « Vanneau-Papu », dans les jardins du Thabor.
Érigée à partir de 1835 et surmontée en 1837 d’une statue sculptée par Jean-Baptiste Barré, la colonne Vanneau-Papu (aussi appelée colonne de Juillet) domine le Carré Duguesclin, à Rennes. Ce monument patriotique rend hommage à deux jeunes Bretons, Louis Vanneau et François Papu, morts à Paris lors des journées révolutionnaires de 1830.
Conçue par l’architecte Charles Millardet et réalisée par l’entrepreneur Lebreton, la colonne s’inscrit dans une volonté municipale de commémorer les combats pour les libertés publiques. À son sommet, une figure féminine incarne la Liberté : une allégorie forte, tenant une lance et la Charte de 1830, symbole du nouveau régime. Initialement, un coq avait été envisagé, mais c’est cette représentation humaine, plus politique, qui s’impose.
Au fil du temps, l’ensemble s’est dégradé. Démontée au début des années 2000 pour des raisons de sécurité, la colonne a été restaurée en profondeur avant d’être réinstallée en 2012. Trop endommagée, la statue originale de Barré n’a pu être remise en place. Conservée dans les collections municipales, elle a été remplacée en 2014 par une nouvelle sculpture réalisée par Nathalie Tran-Hamery, fidèle à l’esprit d’origine.
Né à Paris en 1811 et mort en 1896, Jean-Baptiste Barré est un sculpteur reconnu du XIXe siècle, auteur notamment de nombreuses œuvres publiques et médailles officielles. À Rennes, son nom perdure aussi dans l’espace urbain : une rue du quartier Sud-Gare, près de la station de métro Jacques Cartier, lui est dédiée.


