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vendredi 1 mars 2024
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DES JEUNES MIGRANTS INSTALLÉS DANS LE GYMNASE DE KER LANN

À la faculté des métiers de Ker Lann, à Bruz, le gymnase abrite de jeunes migrants. « Ils dorment la nuit et sortent le jour », explique un formateur de l’établissement. « Ils doivent être une cinquantaine », estime-t-il. Interrogée, la directrice Laurence Piquerel confirme l’information, mais elle renvoie vers le conseil départemental. « Ce n’est pas nous qui les logeons, c’est le département », précise-t-elle. « Jeudi dernier, la collectivité nous a fait part de la réquisition des équipements sportifs (1) à partir du soir même de 18 h 30 à 9 h, et ce jusqu’à nouvel ordre. C’est tout ce que nous savons. »  

Jointe par téléphone, Anne-Françoise Courteille, première vice-présidente déléguée à la protection de l’enfance et à la prévention, confirme l’installation. « Dix-huit jeunes étaient là en début de semaine. Ils étaient hier trente-deux », précise-t-elle. Accueillis, ces primo-arrivants se sont déclarés mineurs. Mais en attendant l’évaluation de leur âge, ils ont l’obligation d’être mis à l’abri par le département, conformément au code de l’action sociale et de la famille. 

Une mission MNA se charge de recevoir les personnes se déclarant mineurs. » Anne Françoise Courteille. 

Depuis quelques jours, cette installation fait débat chez certains Bruzois. « Elle est provisoire », tient à préciser l’élue. « Dès que l’on peut, nous arrêterons ce dispositif-là. Nous avons ouvert ce centre, faute de place dans les hébergements (hôtels, campings durant l’été). » Mais cette situation ne devrait pas durer. « En 2024, nous prévoyions l’inauguration de plusieurs équipements pour désengorger le système. De manière certaine, 70 places sont programmées pour des mineurs non accompagnés (MNA), aujourd’hui logés dans des établissements hôteliers. Elles devraient permettre de libérer des chambres pour les personnes en situation d’évaluation (comme celles actuellement à Ker Lann). » 

À Bruz, les jeunes ne sont pas entièrement livrés à eux-mêmes. Ils possèdent des tickets restaurant, effectuent des démarches administratives. « Nous les voyons plusieurs fois, si c’est nécessaire pour évaluer leur dossier. Les investigations peuvent durer quelques jours, mais parfois un peu plus (jusqu’à deux semaines maximum). Mais en cas d’individus très jeunes (comme un petit Afghan de 11 ans) ou en mauvaise santé, on n’attendra pas longtemps. On adaptera l’accueil. » 

Pour l’heure, la vice-présidente tient à s’inscrire en faux sur certaines rumeurs. « Nous n’avons pas de venues massives en car, » assène-t-elle. « En règle générale, les migrants arrivent par la gare routière ou en train. Ils peuvent être deux ou trois au grand maximum. » Au nom de la solidarité nationale, le département reçoit aussi des migrants, venant de territoires en tension (comme les Alpes-Maritimes ou la région parisienne). « L’Ille-et-Vilaine a été classé vertueuse. Leur accueil est organisé au regard de la population des jeunes dans notre région et des MNA déjà pris en charge.»

LIlle-et-Vilaine consacre 26 millions d’euros pour les MNA sur un budget de 200 millions d’euros pour l’enfance (soit 10 %). 

D’une année sur l’autre, les migrants ne proviennent jamais du même pays. « Cela fluctue en fonction du contexte géopolitique, des conflits, des problématiques de pauvreté ou climatiques. Aujourd’hui, nous recevons des ressortissants de l’Afrique noire (Guinée, Côte d’Ivoire), essentiellement des garçons. Beaucoup ont vécu des choses très compliquées. Nous sommes actuellement dépendants de la situation politique et des mouvements migratoires. En juillet et août, nous avons été complètement dépassés. En 2022, nous étions sur une moyenne d’une cinquantaine de primo-arrivants. Cet été, nous en avions deux fois plus. » 

Infos + : « si les primo-arrivants sont reconnus majeurs, ils seront placés sous la responsabilité de l’État. S’ils sont déclarés mineurs, le juge pour l’enfant prononcera à leur égard une mesure d’assistance éducative. Ils nous seront confiés et pris en charge dans des lieux spécifiques pour mineurs non accompagnés (600 places en Ille-et-Vilaine). » Mais aujourd’hui, les MNA seraient 740, impliquant les autorités à les héberger dans des familles d’accueil ou dans des hôtels.

(1) « Le gymnase ne peut pas être réquisitionné…. puisqu’il nous appartient pour l’instant du moins, car on est en train de le vendre à la commune, d’où la solution provisoire, » explique le département, ce soir.

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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