Il est soupçonné d’être le tireur de la rue de la Soif du mois d’ctobre 2024. A cette époque, sur un scooter, il avait fait feu sur un trafiquant de drogues devant un kebab. La Chambre de l’instruction lui a refusé ce jeudi la demande de mise en liberté qu’il formulait.
Le 6 octobre 2024, un homme attend sa commande devant un kebab rue Saint-Michel, à Rennes. Un scooter de type « TMaxx » s’arrête devant lui. Un pilote, un passager. Les deux sortent un calibre et braquent l’individu. « Tu te souviens de moi ? », lui demande en langue arabe celui qui est assis à l’arrière. Il fait feu. Plusieurs fois.
Avec deux balles dans l’abdomen, la victime des tirs se réfugie dans la cour d’un restaurant. Les secours sont appelés. À leur arrivée, il indique aux policiers qu’il peut révéler l’identité de ceux qui ont tenté de l’abattre. Évidemment qu’il les connait bien : il vient de leur dérober deux kilos de cannabis.
2 kilos de cannabis enterrés aux Gayeulles
La police trouve de la drogue et de l’argent liquide sur la victime. Il est clair qu’il n’est pas tout blanc dans cette affaire. Son nom ressort même dans des procédures de stupéfiants en cours. Mais les enquêteurs écoutent la description précise des agresseurs. Ils obtiennent même le nom des tireurs, et un mobile : quelques jours auparavant, la victime a aidé les « cavaliers » du scooter à enterrer deux kilos de résine de cannabis dans le parc des Gayeulles. Sauf que celui qui était « embauché » comme guetteur à Maurepas y était retourné avec sa pelle un peu plus tard, pour subtiliser la drogue afin de la vendre seul.
Un mandat de recherche est lancé. D’autant plus que les deux « pistoleros » sont soupçonnés d’avoir tailladé un homme au visage à coups de tesson de bouteille, la veille. Quinze jours plus tard, ils sont interpellés en possession de nombreux téléphones, de vêtements et cagoules sombres ainsi que d’une grosse somme d’argent en liquide. Le tireur présumé nie tout, depuis son interpellation. Il est actuellement poursuivi pour tentative de meurtre en bande organisée, participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime et détention non autorisée de matériel de guerre.
Pas de remise en liberté
« Je n’ai rien à voir dans cette affaire criminelle », bafouille le mis en cause actuellement détenu à Saint-Malo. « Je dois sortir de prison », insiste mollement celui qui est bien connu dans le milieu du deal à Maurepas et déjà condamné pour séquestration. Devant l’absence totale de garanties et un risque avéré de fuite vers le Maroc avant le procès, la Chambre de l’instruction a suivi les réquisitions de l’avocat général en ordonnant son maintien en détention.


