À l’occasion de la 37e édition du salon Aux Vignobles, dès aujourd’hui au Parc Expo, notre rédaction a demandé des conseils éclairés à Guillaume Nédélec, caviste au Cellier Saint-Germain de Rennes. L’occasion de faire le point sur les trucs, astuces et pièges à éviter si vous allez à la rencontre des 330 artisans et producteurs venus de toute la France.
Le premier conseil donné par Guillaume Nédélec, caviste place Saint-Germain, peut paraître simple, mais reste la base : « Faites-vous plaisir. Choisir un vin nécessite de prendre son temps, de discuter et surtout de goûter. »
Comment goûter ?
Pas la peine de faire tourner son verre ni de prendre un air mi-intelligent, mi-dubitatif au moment de tester une gorgée de nectar. « Mais pensez à cracher ! », insiste le caviste. « À part les professionnels, peu de gens le font. Mais c’est important. Surtout si vous goûtez plusieurs domaines, plusieurs cépages, plusieurs régions… Non seulement votre palais et votre gorge ne comprendront plus rien, mais il est aussi facile d’avoir la tête qui tourne après quelques stands de dégustation ! »
Petit truc de caviste : testez par couleur. « Par chez nous, on goûte plutôt d’abord les blancs, pour finir par les rouges. Cela permet de ne pas tromper les papilles. En Bourgogne, cet ordre est souvent inversé. » Si vous avez prévu de rapporter des bulles à la maison, Guillaume Nédélec vous suggère même de commencer par là.
Pas de grignotage
Difficile de ne pas tomber dans la gourmandise sur un salon. Mais les saucissons, fromages et autres confiseries peuvent s’avérer vos pires ennemis. « Manger va venir altérer votre palais et vous empêchera de savourer le vin à sa juste valeur. Vous risquez ainsi de trouver que le vin goûté au salon n’a pas le même goût à la maison », prévient Guillaume, qui donne néanmoins une astuce : « Pensez à apporter avec vous une bouteille d’eau et un peu de pain blanc. »
Attention aux belles formules
« Grand vin de Bordeaux », « Grand vin de Bourgogne » sont autant d’appellations pompeuses qui ne font pas forcément un vin plus grand qu’un autre. « C’est une appellation que les vignerons ont tous le droit d’inscrire », rappelle Guillaume Nédélec.
« Tout comme “Mis en bouteille au Château”» : certes, ça fait classe, mais sachez que dans le Bordelais, cette formule est accordée à toutes les bouteilles… même si le vin est embouteillé au fond d’une grange !
Attention également aux étiquettes qui abusent parfois de la mention “Vieilles vignes”. Si un texte de juin 2025 (seulement) fixe cette appellation “Vieilles” à 35 ans minimum, cela n’était pas le cas auparavant. « Une zone grise autour de l’âge légal pour être considéré comme “vieux” a pu pousser certains vignerons à abuser du terme. »
Essayez d’aller à la rencontre du vigneron
« Tout professionnel qui se respecte évite les salons et préfère se rendre directement dans les propriétés », explique le caviste. « Certes, ce n’est pas possible pour un particulier de sillonner les vignes, mais il en existe quelques-unes qui valent le détour près de chez nous. »
Ainsi, le Cellier Saint-Germain vous enjoint à rencontrer les vignerons des Longues Vignes, en bord de Rance. Direction aussi la région nantaise, connue pour son Muscadet, mais qui produit également d’excellents chenins, chardonnays et même vins rouges. Un peu plus loin, dans le Morbihan, c’est le Domaine de Dantelezh qu’il faut découvrir. Le vignoble est tout beau, tout propre et surtout tout récent. C’est le pari un peu fou d’un couple qui a décidé de répondre à un appel d’offres de la mairie de Sarzeau.
Pratique : Maintenant que vous savez comment choisir, plus rien ne vous empêche de faire un saut à Saint-Jacques-de-la-Lande.
Salon Aux Vignobles, vendredi et samedi : 10 h – 20 h ; dimanche : 10 h – 19 h ; lundi : 10 h – 17 h. Sur place : 5 € (incluant un verre de dégustation). Gratuit pour les moins de 18 ans.


