Yovan Delourme, ancien responsable de la sûreté du 1988 Live Club à Rennes et figure locale des réseaux sociaux sous le pseudonyme du “Jarl”, a été placé en garde à vue ce mercredi 18 juin 2025. L’information, révélée par Le Télégramme, a été confirmée par le procureur de la République Frédéric Teillet, qui a indiqué qu’il s’agissait d’une audition dans le cadre d’une enquête sur le fonctionnement réglementaire du service de sécurité du club. Cette audition pourrait bien marquer un tournant dans une affaire aux ramifications multiples, où sécurité privée, usage de la force et possession d’armes se mêlent à une scène nocturne sous pression.
La garde à vue de du Jarl s’inscrit dans une procédure déjà entamée il y a plusieurs semaines, et semble notamment liée aux incidents du 9 mars dernier. Cette nuit-là, des participants à une rave-party non autorisée s’étaient introduits dans l’ancien cinéma Cinéville, aujourd’hui désaffecté mais propriété de la ville. Rapidement, les tensions étaient montées entre les fêtards et des membres du personnel de sécurité du 1988, dont les locaux jouxtent le site.
Des vidéos, diffusées massivement sur les réseaux sociaux, avaient montré des scènes confuses mais violentes : gaz lacrymogène, cris, bousculades. À l’époque, Yovan Delourme n’avait pas fui la polémique, justifiant l’intervention de ses équipes en expliquant que des projectiles avaient été lancés sur les clients du club. Il avait affirmé avoir tenté de protéger son établissement. Mais cette version a été rapidement remise en cause. Le syndicat étudiant Union Pirate, majoritaire à Rennes 2, avait dénoncé ce qu’il appelait une opération de représailles brutale, parlant de gazages, de vols de téléphones, de pressions sur les témoins et de destructions de preuves.
Ce mercredi, l’ancien cadre de la SARL Ouest-Discothèques a reconnu lors de son audition ne jamais avoir été titulaire d’une carte professionnelle de sécurité. Il admet avoir dirigé, au moins en partie, le service de sécurité du 1988 sans agrément, tout en affirmant qu’il ne se considérait pas comme un agent de sécurité à proprement parler. Il a également reconnu être à l’origine de l’achat de bombes lacrymogènes classées en catégorie B, commandées sur un site allemand, et retrouvées lors d’une perquisition dans les locaux de la discothèque, le 12 mars.
Le parquet évoque plusieurs infractions potentielles : absence d’autorisation pour exercer une activité de sécurité, emploi de personnel non habilité « surveillance », intervention de sécurité sur la voie publique sans cadre légal, et acquisition et détention illégales d’armes. Des documents fournis par son avocat doivent encore être analysés, ce qui laisse l’enquête en cours. Le Jarl a été remis en liberté en fin de journée mais reste sous la menace d’une nouvelle convocation. Deux autres volets restent également ouverts dans ce dossier sensible : l’un porte sur l’intrusion dans les locaux municipaux du cinéma, l’autre sur le comportement exact des agents de sécurité ce soir-là.


