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Politique

CAROLE GANDON : PORTRAIT SANS CONCESSION D’UNE CANDIDATE

Carole Gandon est la tête de liste Macroniste pour les prochaines municipales rennaises. Inconnue du grand public, elle porte une ambition et souhaite renverser plus de 40 ans de socialisme. Aura-t-elle l’envergure ? Arrivera-t-elle à convaincre ? Réponse en mars prochain.

                                               Les atouts

L’alternance. C’est peut-être le seul vrai atout de Carole Gandon. Celui d’offrir enfin aux Rennais la possibilité de voter pour une alternance démocratique, tellement attendue par nombre de citoyens qui espèrent un nouveau souffle dans leur ville.

Un socle électoral solide. Carole Gandon bénéficiera probablement du vote de nombreux rennais ayant choisi ces dernières années de confier leurs voix à Emmanuel Macron et à son parti En marche. Des ex-socialistes, des ex-militants de droite et du centre, et un nouveau public de convaincus en costard-cravate.

Une réserve de voix. Le dernier scrutin des européennes a apporté 25.85 % de voix au premier tour à la liste LREM-Modem malgré un contexte national défavorable. Mais ce socle de base ne pourra pas être beaucoup élargi au second tour face à une gauche qui se rassemble toujours après le premier tour. La seule chance de Carole Gandon serait peut-être une hypothétique triangulaire issue du divorce entre Nathalie Appéré et les Verts.

L’image. Peu connue des Rennais, Carole Gandon disposera au moins de la carte de la jeunesse et de l’élégance. Elle bénéficie en outre de l’atout non négligeable de diffuser une image consensuelle, à tel point qu’on se demande parfois si elle n’est pas le plan B de Nathalie Appéré…

Crédibilité. Référente d’En marche du département, et la compagne du député Florian Bachelier, premier questeur de l’assemblé nationale, elle dispose d’une certaine crédibilité complétée par une bonne formation à Sciences-Po !

Des prises et du soutien. Carole Gandon a réussi à s’entourer de quelques personnalités. Même si elle rêvait de recevoir le soutien de l’ancien président du Stade Rennais et ministre, Frédéric de Saint-Sernin, elle a obtenu de belles prises à droite et à gauche comme Antoine Cressard (conseiller municipal de droite) ou Jean-Emile Gombert (président de l’université Rennes 2). Elle a aussi le soutien du grand quotidien local. Ce qui pourra peut-être compter…

L’empathie. Carole Gandon est une femme emphatique, à la différence de sa principale rivale politique, Nathalie Appéré. Dans de nombreuses réunions ou associations, elle sait attirer la sympathie et l’écoute. 

                                           Les faiblesses

Porte-parole du parti présidentiel. En d’autres époques et lieux, être représentante du parti présidentiel aurait été un point positif important pour la candidate. Mais nous sommes passés dans une époque de contestation permanente et de défiance vis-à-vis des politiques et surtout de ce gouvernement actuel et de son président dans une ville très à gauche, diverses gauches.

Une méconnaissance de la ville. Carole Gandon a beau clamer qu’elle est de Rennes depuis quelques années, qu’elle a pris le temps, avec ses militants, de sonder la ville, on ne perçoit pas vraiment une personne ancrée dans la cité, connue de ses concitoyens, qui comprend les vrais problèmes auxquels ils sont confrontés.

Une faible réserve de voix au second tour. Même en terminant première au premier tour, la liste de Carole Gandon aura du mal à accéder au fauteuil de premier magistrat de la ville dans un scénario classique avec un affrontement des deux premières listes. Seule une triangulaire permettrait à Carole Gandon d’envisager une victoire.

Un discours trop formaté. Une déclaration sur Twitter en dit long sur sa pensée formatée. “À titre personnel, je serai toujours moins inquiète par une femme voilée qu’un homme masqué. Pour une démocratie du dialogue, à visage découvert.” On se demande si c’est elle qui a eu l’idée de cette déclaration ou son chargé de com ? Qui plus est, le nom de sa liste, Révéler Rennes, fait un peu sourire… Comme si Rennes et ses divers talents avaient eu besoin d’attendre que Carole Gandon décrète de Révéler Rennes pour réaliser des projets économiques, sociaux, humains et artistiques !

Le fardeau Laabid et Bachelier. Carole Gandon aura probablement deux énormes fardeaux à supporter durant sa campagne. Le premier, c’est celui de Mustapha Laabid, le député de LREM qui a connu les affres de la justice et qui n’arrive plus à convaincre de sa sincérité. Le deuxième, c’est celui de son compagnon député LREM, premier questeur de l’Assemblée Nationale, Florian Bachelier. Ses titres sont beaux et pompeux, mais en cette époque de défiance de l’élite politique, ce politicien porte l’étiquette macroniste et une image de député dénué de vrai ancrage local. Le contexte actuel est implacable : les Français n’aiment plus les sagas familiales qui trouvent leur accomplissement et enrichissement dans la politique. Leur couple n’a rien à voir là-dedans, mais le ressenti de la population est parfois cruel. 

A propos de l'auteur

Dragan Brkic.Jean-Christophe Collet

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