Face à la montée des agressions, des incivilités et des tensions sur le terrain, les sapeurs-pompiers d’Ille-et-Vilaine ont décidé de réagir fermement, mais sûrement. Dès la mi-mars 2024, une expérimentation de l’usage de caméras-piétons a été menée dans les centres d’incendie et de secours de Rennes. Pendant deux mois, ce test grandeur nature a permis d’évaluer l’efficacité du dispositif dans des conditions d’intervention réelles. Les résultats ont été immédiats et sans équivoque : les comportements belliqueux ont nettement reculé dans le département. L’effet dissuasif de la caméra a été confirmé, avec une réduction estimée à 80 % des actes d’agressivité lors des opérations. Ce chiffre rejoint les constats établis dans d’autres départements pionniers, comme le Morbihan ou la Loire-Atlantique.
Une généralisation avant l’été
Convaincu par ces résultats, le SDIS 35 a officialisé la mise en service généralisée des caméras-piétons avant l’été 2025, dans les centres principaux de Rennes et Saint-Malo. Il s’agit d’une avancée majeure pour la protection des agents et la sécurité des missions de secours. L’Ille-et-Vilaine rejoint ainsi le mouvement national impulsé par la loi Matras de novembre 2021, qui a pérennisé l’usage de ces caméras dans les services d’incendie et de secours. « Les enregistrements peuvent, en cas de nécessité, être transmis en temps réel au poste de commandement si la sûreté des intervenants est menacée », précise le décret du 29 juin 2023 précise que
Le cadre légal est strict : seules des personnes habilitées peuvent accéder aux enregistrements, qui sont conservés durant six mois dans des espaces hautement sécurisés. Leur utilisation est limitée aux procédures judiciaires ou à des fins pédagogiques, sous réserve d’anonymisation. Le port de la caméra reste toutefois volontaire. Il est enclenché uniquement en cas de situation à risque ou susceptible de dégénérer. « L’objectif n’est pas de filmer systématiquement toutes les actions, mais bien de prévenir les agressions et, si besoin, de documenter les faits en cas de dépôt de plainte ou d’enquête », indique le SDIS 35.
Déjà adoptée dans plusieurs SDIS en France, mais encore dans d’autres pays européens comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou le Danemark, cette technologie tend à devenir un standard de protection des agents publics. En Ille-et-Vilaine, elle vient renforcer un arsenal déjà mis en œuvre par les forces de l’ordre, les employés de transport (SNCF, Keolis) ou encore les médiateurs urbains. Pour info, l’enregistrement peut aussi servir d’outil de formation ou d’analyse post-intervention.


