La tension ne retombe pas. Après les affrontements survenus devant le lycée ce jeudi 1er octobre, les forces de l’ordre ont progressivement repoussé les manifestants loin des grilles de l’établissement, d’abord vers la place du marché, puis en direction de la rue de Nantes où les manifestants y sont toujours.
Vers 10 h 40, la situation restait particulièrement tendue. Une partie des jeunes s’était repliée vers la place du marché, située face au lycée, tandis qu’un autre groupe gagnait la rue de Nantes. Des interpellations étaient même en cours, selon notre journaliste présent sur place.
Quelques minutes plus tard, les affrontements se sont déplacés au pied des immeubles. Des groupes se sont réfugiés dans les squares et les halls situés entre le lycée Bréquigny et la rue de Nantes. Plusieurs entrées d’immeubles ont été dégradées. Les forces de l’ordre ont également protégé l’évacuation de riverains pris au milieu des incidents. Sur place, le face-à-face a tourné une nouvelle fois au jeu du chat et de la souris. Dès que les policiers reculaient de quelques mètres, certains jeunes avançaient à nouveau. Puis les forces de l’ordre progressaient et les groupes se dispersaient dans les rues adjacentes.
Marie Mesmeur était également présente au milieu des manifestants. La députée LFI d’Ille-et-Vilaine a interpellé certains jeunes pour les mettre en garde contre les risques d’affrontement avec les policiers. « Faites attention surtout à vous. Ils sont armés, ce n’est pas du jeu. Une balle de LBD, ça éborgne », leur a-t-elle lancé avant de tweeter sur le calme d’une manifestation devant Descartes.
Peu avant 11 h, de nouvelles pierres ont été lancées en direction des forces de l’ordre. La riposte a alors changé d’ampleur : un canon à eau a été engagé sur le secteur.Depuis le début de la matinée, les incidents s’étaient succédé autour de Bréquigny. Feux devant le lycée, barricades, jets de projectiles, gaz lacrymogènes puis canon à eau : les tensions, d’abord concentrées devant l’établissement, se sont progressivement propagées dans le quartier, jusqu’aux abords de la rue de Nantes.
Dans un communiqué publié sur X ce jeudi matin, la préfète de la région Bretagne, préfète d’Ille-et-Vilaine, a appelé les élèves à s’éloigner « des attroupements violents, des feux et des barricades où ils sont gravement mis en danger par des comportements irresponsables ». « Des violences et des dégradations sont en cours en marge des actions de blocage des lycées qui touchent une douzaine d’établissements de l’agglomération rennaise », a-t-elle indiqué. Les policiers et les gendarmes ont fait l’objet de jets de projectiles et ont dû intervenir à de nombreuses reprises pour sécuriser les sapeurs-pompiers mobilisés pour éteindre les feux. « Les opérations se poursuivent », précisait la préfecture.
La préfète a également appelé tous les acteurs à faire preuve de responsabilité, à rechercher l’apaisement et à « condamner avec fermeté ces violences et ces dégradations ». Elle a enfin apporté « tout son soutien aux policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers engagés, ainsi qu’au personnel enseignant et technique des lycées qui sont exposés à ces actes inadmissibles ». Avec Jean-Christophe Collet


