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mardi 28 avril 2026
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BILLET D’HUMEUR : UN ÉTÉ RENNAIS SANS GRAND SOUFFLE ?

Nos villes sont vides ! Chaque été, la même ritournelle revient devant les rideaux baissés, les bureaux désertés, les métros allégés… Mais derrière cette impression de torpeur urbaine se dessinerait une réalité peut-être plus contrastée. Rennes en serait un bon exemple. Si la capitale bretonne a longtemps été jugée « vide » en juillet et août, elle semble aujourd’hui entrer dans une nouvelle ère estivale. C’est en tout cas le récit qu’aimerait faire entendre la municipalité, en assurant que la capitale bretonne s’anime autrement.

Depuis des décennies, l’idée que les agglomérations françaises se vident en juillet revient comme un marronnier dans les colonnes des journaux. Paris, Lyon, Nantes, Toulouse… Mais selon Jean Viard, sociologue spécialiste des temps sociaux, « cette impression est trompeuse : ce n’est pas la ville qui se vide, c’est sa composition qui change. Elle passe d’une population active à une population touristique ou temporaire. »

Je n’ai jamais vu cela. Il y a personne », confie un restaurateur

Rennes n’échappe pas à cette « recomposition » saisonnière. Si les étudiants et de nombreux actifs quittent la ville, d’autres — touristes, visiteurs de passage, habitants demeurés sur place — prennent toutefois le relais. « Rennes reste animée, mais différemment », explique un commerçant de la place Sainte-Anne. « Il y a moins de monde en journée, mais les terrasses se remplissent le soir, et les week-ends sont souvent très vivants. »

Et si Rennes tournait en rond l’été ?

Pour autant, cette vie estivale ne s’appuie pas sur un véritable souffle créatif. « Transat en ville », organisé par la municipalité depuis quelques années, continue d’occuper les places publiques et le centre-ville avec des concerts gratuits (beaucoup moins !) et des animations. Mais la formule s’essoufflerait, sans vraiment enthousiasmer le chaland. « Il y a dix ou quinze ans, c’était novateur. Aujourd’hui, c’est une habitude, mais ça ne marque plus les esprits », regrette un familier.

Même constat pour le spectacle de projections lumineuses sur le Parlement de Bretagne, signé Spectaculaires. Le show est techniquement réussi, certes, mais il évolue peu d’année en année. Il ne porte plus l’audace.  Cette année encore, pas de bal populaire pour le 14 juillet, alors que bien des communes bretonnes continuent d’organiser ces moments de fête collective.

Un sentiment de beaux jours au ralenti ?

Contrairement à d’autres villes françaises qui misent sur l’été pour lancer des festivals majeurs — Avignon, Arles, Lorient, Marseille — Rennes n’a pas de grand temps fort artistique ou culturel au cœur de l’été. Les institutions ferment ou se contentent du service minimum. Le TNB boucle ses portes jusqu’à la rentrée. L’Opéra est silencieux. Heureusement, le Musée des Beaux-Arts propose un bel accrochage de Claire Tabouret tout comme le Couvent des Jacobins, l’expo Pinault. Mais pour cette dernière, on est quand même bien loin de la première édition qui fut indéniablement spectaculaire, avec cette statue du coup de boule de Zidane dans la cour d’honneur !

Depuis quelques étés, la ville manque d’un événement-phare, fédérateur, susceptible de capter l’attention au-delà de son territoire. Car après les Tombées de la Nuit, nada ! L’été culturel est en pilotage automatique. Entre la hausse des coûts de fonctionnement, les politiques de sobriété, et les priorités données à d’autres domaines (mobilité, transition écologique), la culture fait profil bas. Elle réemploie des dispositifs existants, recourt aux compagnies locales… Bref, l’on ne sent pas un vrai élan. On ne trouve ni effervescence, ni expérimentation, ni ces grandes scènes estivales qui font vibrer les places publiques ailleurs. « On fait ce qu’on peut avec les moyens qu’on a », entend-on déjà dans les salons dorés de l’hôtel de ville.

Ni morte, ni pleinement vivante, Rennes semble se contenter d’un été tiède, où la cité est agréable, mais sans grande ambition. Elle est un territoire riche en talents… qui paraissent en vacances eux aussi. Pour renouer avec une belle saison vibrante, il faudra sans doute plus que quelques transats, de ciels suspendus ou une projection lumineuse revisitée. Il faudrait redonner à l’été rennais une vraie identité culturelle, un peu plus d’audace. Il faudrait rendre vivant notre Thabor, notre Parlement, notre stade, notre fleuve…Heureusement, Rennes conserve des atouts évidents qui ne doivent rien à la politique de la ville : ses marchés, ses bords de Vilaine, ses parcs, ses cafés animés, ses ruelles du vieux centre. Heureusement, Roi Arthur arrive bientôt, à Bréal. Sortons de Rennes…

 

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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