À Rennes, tout supporter un peu chevronné peut se vanter d’avoir vu deux moments historiques : Dembélé au Roazhon Park et la folle épopée sévillane. Fier comme Artaban, il pourra désormais ajouter à son palmarès personnel une soirée inoubliable : le sacre d’Ousmane au Ballon d’or. « Le club breton m’a tout appris », a confié Ousmane Dembélé hier soir, au théâtre du Châtelet, juste après avoir reçu la plus prestigieuse des distinctions.
Formé à l’Académie rennaise, il n’avait que 18 ans lorsqu’il marqua un triplé légendaire contre l’ennemi nantais. Déjà habitué aux vivats, le footballeur n’a pourtant pas retenu ses larmes en brandissant son trophée. Forcément, il pensait à sa mère, à sa famille restée près de Rennes, à Évreux, sa ville natale, à ses années à Dortmund et Barcelone. Mais il songeait aussi au PSG, son club actuel. « C’est exceptionnel, je n’ai pas de mots. C’est grâce à mes coéquipiers. On a pratiquement tout remporté. On a élevé notre niveau. Ce trophée individuel, c’est le collectif qui l’a gagné. »
Hier soir, Ousmane Dembélé a devancé Lamine Yamal (Barcelone) et Vitinha (Paris). Il succède à Rodri et rejoint Raymond Kopa, Michel Platini, Jean-Pierre Papin, Zinedine Zidane et Karim Benzema dans l’histoire du football français. Souvent freiné par les blessures au Barça, « Dembouz » a signé la meilleure saison de sa carrière. Il a été transfiguré par Luis Enrique dans un rôle d’avant-centre. « Il est passé de joueur très talentueux à joueur de top mondial », analyse Julien Stéphan, son ancien coach rennais, dans Le Monde. « A Paris, il a montré tout ce dont il était capable, notamment en assumant un vrai leadership pour porter son équipe. » Élevé par sa mère, forgé par Rennes, Ousmane Dembélé a désormais rendez-vous avec un autre rêve : remporter la Coupe du monde. Il l’a promis à Didier Deschamps.


