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mercredi 12 juin 2024
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AXEL BAUER : LE CHANTEUR EN PAIX

Une rencontre avec Axel Bauer est toujours singulière ! L’homme ne s’embarrasse pas avec les convenances. Il dit ce qu’il pense. Mais rien de vulgaire. Bien au contraire, il a la courtoisie qui sied à ceux qui ont l’intelligence du cœur. Rocker poète, il a sorti un album intitulé Radio Londres où, accompagné de sa guitare, il emmène ses aficionados, loin des musiques actuelles, dans un univers harmonieux. Il sera en concert à l’Étage, ce mercredi. 

 

J’ai essayé d’être ponctuel, comme votre père devait l’être sur les ondes de Radio Londres. 

Axel Bauer : jimagine qu’à l’époque, c’était un vrai rendez-vous important à ne pas manquer. 

Tout le monde fait l’éloge de votre album. Un sentiment de fierté pour votre père ou un sentiment de fierté pour vous ? 

Axel Bauer : Avec Ici Londres, j’ai l’impression d’avoir entrepris quelque chose d’utile. Cette chanson est un bon préambule pour s’intéresser à cette histoire. 

Avez-vous la sensation que les jeunes générations aujourd’hui ont un peu oublié la Seconde Guerre mondiale ? L’engagement de nos anciens ? 

Axel Bauer : Je suis chanteur, auteur, compositeur, musicien, interprète. Je ne suis pas là pour interpréter les statistiques sur la France et sur le déficit d’éducation des uns ou des autres ! Dans ma famille, mon père a été l’un des speakers de Radio Londres : il était la voix symbolique de la résistance. Mais doit-on le rappeler ? Lui comme moi, nous avions envie de rendre hommage, mais sans pour autant réveiller plus que cela les consciences. En revanche, quand le parolier Boris Bergman nous a proposé cette phrase « en d’autres temps, on était plus résistants », chacun peut aujourd’hui se projeter dans cette époque en se demandant comment il aurait réagi. 

Est-ce l’album de la maturité ou celui d’un garçon qui rend grâce à son père ? 

Axel Bauer : Ce n’est pas un album concept. La notion de résistance, elle est partout dans les chansons. Dans le paysage musical français, c’est déjà être un résistant que de jouer de la guitare. 

Est-ce que vous êtes t le dernier résistant du rock français ? 

Axel Bauer : Je ne suis pas un analyste des courants musicaux, mais je ne suis pas d’accord avec vous. En tant que journaliste, vous devez être au courant de la pléthore d’offres qu’il y a aussi dans le monde. Malheureusement, le rock n’est pas très mis en avant en France. Il y a des groupes, bien évidemment comme Téléphone, Trrust, Noir Désir, La Mano Negra. Mais je pense que le rock a toujours été un épiphénomène en France. 

Avant c’était mieux…

Il y a une évolution de la guitare indéniable quand vous écoutez des groupes très pointus et instrumentaux comme Policia. Dans tout le métal, le néo-gothique romantique, dans toutes ces appellations un peu bizarres, il y a des guitaristes absolument incroyables et rock. En France, il y a pléthore de formations, tous aussi super que les autres, avec des batteurs extraordinaires et des musiciens qui le sont tout autant. L’offre ne manque pas. Mais elle n’est pas valorisée par les journalistes qui s’en foutent et qui préfèrent suivre les courants un peu bêtas des radios et des médias (tout en le sachant pertinemment). 

On a l’impression aujourd’hui que vous êtes un chanteur à texte…

Axel Bauer : J’adore les textes de Lou Reed, mais sans sa voix, je ne l’aimerais sans doute pas. Pour moi, chanter, c’est parler et raconter quelque chose qui me tient à cœur. 

La Bretagne est une terre de résistance. Quel rapport avez-vous avec cette région ?  

Axel Bauer : Rennes était une ville rock. Elle est une cité dont on parlait beaucoup dans les années 80 avec des groupes comme Marquis de Sade, comme Octobre. Elle était a à la pointe de la créativité à travers des personnages comme Philippe Pascal. À cette époque, j’étais copain avec Éric Lanz (Octobre) et j’ai rencontré Frank Darcel. Mais je n’ai pas mené de projets avec eux. 

Avez-vous travaillé avec Yann Tiersen ou encore Miossec ? 

Axel Bauer : le premier, je ne le connais pas. Mais j’ai bossé avec Miossec sur la chanson Une prière dans l’album Personne n’est parfait, sorti en 2002.

Quel rapport avait votre père avec la Bretagne ? 

Axel Bauer : Mon père, déjà, quand il est arrivé à Londres, on l’a envoyé en mission en Cornouaille pour y étudier les bateaux qui partaient de Bretagne vers l’Amérique. C’était une mission d’espionnage et d’observation. Mais je ne saurais pas trop vous dire si mon papa avait un rapport particulier avec la Bretagne. En revanche, moi, je viens assez régulièrement en Bretagne et le co-auteur de l’album est un vrai Breton de Crozon, Pierre-Yves Lebert. Une partie  a été composé dans cette partie du Finistère. 

A l’âge de la maturité, est-ce important d’être sur scène ?  

Axel Bauer : même si j’ai de l’expérience, je ne suis pas arrivé dans le grand âge (rires). Oui, je peux encore me déplacer avec mes deux jambes et ma guitare et j’espère que ça durera longtemps. Je plaisante évidemment ! Je vais vous dire une banalité qui est tout à fait vraie et qui en même temps n’a rien de banal. C’est pour le public que je fais cela. C’est lui qui m’aime et moi je l’aime. Sur scène, c’est comme retrouver des amis aussi au fil du temps. 

On a l’impression que vous vous faites plaisir ! Cherchez-vous à entraîner les gens dans une ballade un peu rock tranquille ? 

Axel Bauer : peut-être qu’avec l’âge, on s’apaise et peut-être que j’ai moins besoin comme dans le temps passé de tempos plus rapides, de moins crier. J’ai peut-être plus envie de me poser. Je suis peut-être devenu moins guerrier, moins nosy qu’il y a vingt ans. Mais je vais vous apprendre une chose : j’aime bien quand on me dit que c’est du rock et en même temps, je m’en fous. 

Mais vous êtes rock…

Bien évidemment que je le suis puisque quand j’avais treize ans, j’écoutais les Who, Led Zeppelin. Je suis né à cette période où il y a eu une créativité absolument énorme où vous pouviez à la fois entendre Frank Zappa et en même temps Les Stones, les Sex Pistols et la new-wave. Quelque part, j’ai bénéficié de cet environnement et de cet héritage fort, immense. J’ai pu me construire avec les questionnements identitaires, spirituels des Who qui ont façonné ma manière de penser et mon écriture. 

Que proposerez-vous sur scène ? 

Axel Bauer : mon concert oscille entre des chansons assez posées, intimes et d’autres, très envoyées ! J’ai la chance d’être entouré de supers musiciens : Xavier Zolli (basse), Vincent le Chevallier (batteur), Jean-Max Méry (ancien clavier de Johnny), Philippe Almosnino, Erica Simeone. C’est sans doute l’une des meilleures équipes avec qui j’ai travaillé depuis toujours. 

J’insiste, la question de la maturité est un peu en filigrane dans cet album…

Axel Bauer : Je ne sais pas. C’est à vous de le dire. Quand j’ai sorti lSimple mortel en 98, Libé a titré « l’album de la maturité ». Cela doit faire longtemps que je dois être dans la sagesse. Désromais, j’essaie modestement de faire avec ce que je suis et avec ce que je ressens. Pour moi, il y a effectivement une évolution amorcée avec Peaux de serpents, par rapport à des disques avant plus pop. 

Au-delà des tubes, pensez-vous que vos chansons sont de meilleure qualité avec le temps ? 

Axel Bauer : Honnêtement, je vais vous répondre que oui ! Mais en vous déclarant cela, je vais un peu à contre-courant du jeunisme ambiant dans les médias. On dirait que si on a passé 35 ans, on est grabataire ! Et cela c’est nouveau à l’heure de retraite, où on vous dit de travailler plus. Quand on est gamin, quand on est jeune, quand on débarque, on a la fraîcheur et l’enthousiasme. Quand on est un homme aguerri et d’expérience comme moi, on joue avec d’autres cartes. On arrive à des âges où l’on est dans l’essentiel et l’on cède moins à la compromission. On est plus radical dans ses choix. Plus on avance et plus on se met en paix.

Axel Bauer, le mercredi 5 avril, à 20 h, à L’Étage. Pour tous renseignements. https://leliberte.fr/spectacles/axel-bauer/

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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