Après plus de deux semaines de tensions dans la régulation médicale (voir l’article du quotidien du médecin et du journal Ouest-France), le CHU de Rennes fait le point sur la situation du SAMU-SAS 35. Dans un communiqué publié ce mercredi 28 octobre 2026, l’établissement assure avoir maintenu la continuité de la réponse médicale, malgré le retrait temporaire des médecins généralistes libéraux, entre le 8 et le 23 octobre. Ceux-ci demandaient notamment une revalorisation de leurs indemnités.
Durant cette période, les praticiens participant habituellement à la régulation des soins non programmés avaient cessé leur mission. Pour répondre aux appels, les médecins urgentistes et les assistants de régulation médicale du CHU ont dû adapter leur organisation. Des renforts ont été mobilisés au sein du service des urgences, du SAMU et du SMUR, tandis qu’un appel à la mobilisation a été lancé auprès de la communauté médicale hospitalière.
La situation intervient dans un contexte de forte augmentation de l’activité. Le numéro 15 reçoit en moyenne 1 800 appels par jour en semaine et 2 200 le week-end. Environ 60 % concernent la médecine générale. À la fin septembre 2026, le nombre d’appels avait progressé de 18 % et celui des dossiers médicaux régulés de 12 %. Fort heureusement, depuis le 24 octobre, une couverture des plages de régulation des soins non programmés est de nouveau assurée, de jour comme de nuit, par des médecins généralistes volontaires, sous la coordination de l’Agence régionale de santé (ARS) Bretagne.
Mais le retour de ces professionnels ne règle pas toutes les difficultés. Le CHU estime nécessaire de revoir durablement l’organisation et la gouvernance du Service d’accès aux soins d’Ille-et-Vilaine. « La régulation médicale repose sur une articulation étroite entre médecine libérale et médecine hospitalière, dont les bases doivent désormais être revisitées pour un meilleur fonctionnement du SAS 35 sur la durée », souligne l’établissement.
Des travaux doivent être engagés sous l’égide de l’ARS Bretagne, avec l’appui de quatre personnalités extérieures. L’objectif sera de redéfinir les modalités de coopération entre médecins hospitaliers et généralistes libéraux, tout en améliorant les conditions d’exercice des professionnels. Le CHU réaffirme sa volonté de garantir la continuité des prises en charge et la sécurité des patients. Cette réorganisation doit permettre de stabiliser un dispositif devenu essentiel pour orienter les habitants vers une réponse médicale adaptée, qu’il s’agisse d’une urgence ou d’un besoin de consultation non programmée.


