À travers ses personnages, Anne Roumanoff observe le monde sans juger et transforme des sujets graves en matière à rire.
Entre actualité, adaptation et regard sur la société, son humour invite à comprendre plutôt qu’à regretter. À porter un regard narquois sur le monde actuel. Rencontre.
RIA : L’humour a toujours été un moyen pour vous de mettre les pieds dans le plat, à travers des situations du quotidien…
Anne Roumanoff : Je ne suis vraiment pas dans le jugement. Je suis dans le constat : c’est-à-dire que je remarque les choses. Le plus important c’est de ne pas tomber dans le « C’était mieux avant ». Ça ne sert strictement à rien et ce débat est à mon sens stérile. Il y a des choses qui étaient mieux avant… oui. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi des choses qui étaient épouvantables. Avant, ce n’était ni mieux ni pire. C’était différent.
Il faut donc accepter et faire avec ?
Dans mon spectacle « L’Expérience de la vie », un personnage dit « Il faut s’adapter, sinon on est foutu ». Cette phrase est très vraie : dans la vie, professionnelle comme privée, il faut faire avec les événements. Ceux qu’on accepte, et ceux qu’on ne décide pas.
C’est dommage qu’on n’enseigne pas ça aux enfants à l’école : la capacité d’adaptation. En plus, il y a tellement de choses qui changent, ne serait-ce qu’avec l’intelligence artificielle, que ça me paraît un savoir essentiel. Il faut acquérir la capacité de comprendre les enjeux, les changements et de s’adapter.
Surfer sur l’actualité pour la détricoter : la géopolitique actuelle ne vous donne pas trop de travail ?
Mon travail consiste à rendre drôle des choses pas drôles. Je suis fière quand j’arrive à faire rire les gens en abordant des thèmes qui, à la base, ne prêtent pas au sourire. En ce moment, je parle de la guerre. Attention, ce n’est pas un sujet comique. Mais je l’aborde différemment. En pointant du doigt par exemple le traitement qui en est fait sur les chaînes d’information en continu. Les « avis » de grands « experts » qui parfois sont à côté de la plaque. Toujours sans cynisme. Sans méchanceté.
Les gens sont très reconnaissants. J’arrive à les faire rire avec des choses qui sont terriblement angoissantes.
Parmi tous vos personnages, lesquels sont les meilleurs ambassadeurs pour faire passer ces messages ?
Évidemment j’aime tous mes personnages. C’est comme si vous demandiez à une maman quel enfant elle préfère. Mais parmi tous ces sketchs interactifs avec le public, j’aime beaucoup le rôle de la coach, de la bouchère, ou celui de la cliente au bistrot. Ils me permettent de dire plein de choses, souvent en impro totale. J’avoue que, parfois, la direction que j’emprunte concerne tellement le public que d’un coup, il m’écoute, et ne rit plus.
👉 Anne Roumanoff est en spectacle mardi 21 avril, à l’EMC2 de Saint-Grégoire, 1 avenue Alphasis.
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