Les commerçants rennais ont peur d’un nouveau samedi de violences urbaines. Certains d’entre eux le disent : ils ne savent pas comment payer leurs employés fin octobre. Une délégation a été reçue en préfecture puis en mairie. Le bilan est très mitigé.
« On parle beaucoup de cette casse matérielle, on ne parle pas de la casse silencieuse que subissent l’ensemble des commerçants rennais aujourd’hui. » La conférence de presse tenue par le collectif des commerçants indépendants de Rennes a donné le ton, ce vendredi à 13h devant l’Hôtel de Ville. Plus d’une centaine d’entre eux (sur les 500 recensés dans le collectif) se sont réunis après qu’une délégation a été reçue par la préfète, puis par la maire.
« Nous sommes en colère. Nous regrettons qu’il faille déployer autant d’énergie pour simplement être entendus. Il a fallu une pétition de 15 000 signatures pour être reçus. Toutes les mesures prises depuis le 17 octobre l’ont été sans concertation avec les commerçants. Depuis deux semaines, madame la maire communique sur tous les collectifs qu’elle reçoit. Les commerçants, eux, n’ont pas été invités. Nous avons dû nous inviter », martèle Sophie Juban, porte-parole du groupe. Et d’ajouter « Nous demandions une réunion commune avec la préfecture et la mairie. Nous en avons eu deux distinctes. Soldées par des demi-mesures de la part de la mairie. »
Pour la manifestation, contre la casse
À ses côtés, une autre commerçante connue pour ses prises de position contre le pouvoir municipal en place. Marie Beucher explique : « Nous ne cherchons pas des responsables. Nous cherchons des solutions. » À l’État, le collectif demande la reconnaissance officielle du préjudice économique et un fonds exceptionnel de compensation du chiffre d’affaires perdu. À la Ville, c’est un « plan de sauvetage du commerce rennais » qui est exigé. « Exonérations fiscales, redevances : la Ville a des leviers concrets pour nous aider ». Côté pouvoir d’achat, la gratuité des transports en commun le weekend et deux heures de parking gratuites ont aussi été posées sur la table des négociations.
« Nantes le fait depuis 2021,
ça devient vital à Rennes »
En 2016, après les manifestations contre la Loi Travail, l’État s’était engagé à indemniser les commerçants rennais à hauteur de 600 000 euros. En plus de 300 000 euros d’aides municipales, stationnements et titres de transport gratuits. « Ce qui a été fait en 2016, c’est le minimum qu’on attend en 2026, car la situation aujourd’hui est plus que critique », assurent Sophie Juban et Marie Beucher. « Pour le moment, on parle d’exonération de redevance terrasse pour les cafés et les restaurants. Tant mieux pour eux. Mais cela ne concerne pas tous les commerçants impactés », poursuivent-elles.
Des mesures… et des « demi-mesures »
La préfète s’est engagée à se battre pour faire passer de 3 à 5 voire 6 dimanches autorisés à ouvrir dans l’année. Offre bien accueillie par les commerçants ce matin. « Madame Appéré ne nous parle que de transports gratuits sur 3 week-ends et une heure de stationnement offerte ». Le collectif demande à présent « d’agir » en rappelant qu’ils attendent depuis le 17 octobre.
Une nouvelle réunion est prévue en mairie lundi prochain.


