Vers 8 h 30, aux abords du lycée Jean-Jaurès, ce 1er octobre, les mamans accompagnent leurs enfants à l’école, cartable sur le dos. À quelques mètres de là, des jeunes occupent déjà les abords de l’établissement, dans le cadre du mouvement des lycéens.
« Ne passez pas, les daronnes, wesh ! », prévient l’un d’eux à l’adresse des mères de famille. L’une d’elles peste. Elle est aussitôt prise à partie. Quelques instants plus tard, des mortiers d’artifice fusent dans la rue en direction de la façade du lycée. Étrangement, personne n’est de sortie dans la cour. Détonations, fumée, cris : le réveil est brutal dans ce quartier du sud de Rennes.
Devant le lycée, la tension monte rapidement. Des jeunes, pour certains le visage dissimulé, s’activent autour des barricades et des poubelles en feu. Les tirs de mortiers résonnent à nouveau entre les immeubles, sous les yeux des riverains et des parents qui pressent le pas avec leurs enfants. « Ne passez pas ! », crie encore un jeune.
Mais quelques instants plus tard, le barrage s’entrouvre pour laisser filer un bus. Dans cette drôle de matinée, certains prennent même le temps de poser devant l’objectif d’un journaliste. « On n’est pas méchants, vous savez », assure l’un d’eux. Avant d’ajouter : « Mais depuis le temps que cela dure, cela commence à bien faire. »
À deux pas, un tout jeune adolescent, à peine 14 ans, filme la scène avec son téléphone et la poste immédiatement sur les réseaux sociaux. Au loin, trois autres arrivent à trottinette. L’un d’eux transporte de l’essence. « Du carburant pour le feu », s’amuse l’un de ses camarades.
Puis les sirènes commencent à se faire entendre. À Bréquigny, les policiers sont déjà devant les grilles. Ailleurs à Rennes, la contestation gagne également plusieurs établissements. Devant Chateaubriand, Jean-Macé ou encore Charles-Tillon, le feu couve. En cette matinée du 1er octobre, le mouvement lycéen rennais est loin de s’éteindre.


