Le 22 janvier 2023, à Pont-Péan, Radhouane Lafi tue Catherine Vincent par strangulation, d’abord avec ses mains, puis à l’aide d’un câble électrique. Il comparaît depuis ce lundi 14 septembre devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine pour meurtre sur conjoint. Trois jours d’audience sont prévus.
Mariés depuis 2017, Radhouane Lafi et Catherine Vincent étaient séparés depuis 2021. Quelques jours avant le drame, le 6 janvier 2023, ils se croisent fortuitement et reprennent contact. La veille du meurtre, le 21 janvier, ils sont aperçus par des caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville de Rennes. Les enquêteurs retrouveront même des photos prises au cours de cette soirée, sur lesquelles ils semblent heureux.
Une fois rentrés dans l’appartement de l’accusé, tous deux s’installent dans la chambre et commencent à discuter. Mais le ton monte rapidement. L’homme demande à Catherine Vincent de retirer une plainte déposée quelques années plus tôt pour violences conjugales. Devant son refus, il s’approche d’elle, l’allonge sur le lit et l’étrangle avec ses mains pendant environ deux minutes. Il se rend ensuite dans le salon pour récupérer un câble électrique qu’il enroule autour du cou de la victime pendant environ cinq secondes. Selon son récit, il s’arrête lorsqu’il voit le visage de Catherine Vincent devenir bleu. Toujours d’après ses déclarations, elle ne se serait pas débattue.
Le lendemain, Radhouane Lafi se rend à la gendarmerie, habillé de la même manière que la veille. Dans un premier temps, il livre une tout autre version. Il affirme avoir dormi auprès de Catherine Vincent, être parti se promener le matin et avoir découvert son corps sans vie à son retour. Au fil des auditions, il finit par reconnaître les faits. « Je regrette tout ce que j’ai fait, je l’aimais », dira-t-il aux enquêteurs. Devant le juge d’instruction, il ajoutera : « C’est juste arrivé, il y en a qui font pire que ça. »
Catherine Vincent avait 47 ans au moment des faits. Certains de ses proches la décrivent comme « versatile et paumée ». Radhouane Lafi, âgé de 35 ans, est pour sa part présenté comme un homme « jaloux ». « Je le savais violent, mais je ne pensais pas que ça en arriverait là », dira le frère de la victime. La compagne de ce dernier ajoutera : « Je suis persuadée qu’il faisait tout pour l’éloigner de notre famille. » Dans le voisinage, les témoignages sont encore à charge. Une voisine décrit un homme particulièrement possessif. « Elle ne pouvait pas porter de jupe, ni de décolleté. Elle devait demander pour aller dîner chez ses amies », raconte-t-elle.
À la barre, ce lundi matin, l’accusé a tenté d’expliquer son geste. « Je venais de sortir de l’hôpital psychiatrique, je n’ai pas pris mon traitement ce matin-là », a-t-il déclaré. Cet après-midi, la cour poursuit les témoignages et l’examen des expertises. Les débats doivent continuer ce mardi 15 septembre avec les réquisitions de l’avocat général et les plaidoiries des parties. Trois jours d’audience sont annoncés devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine.


