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mercredi 9 septembre 2026
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128 kilomètres contre les violences conjugales : Pauline court jusqu’au Parlement de Bretagne

Trois jours et trois marathons ou presque. Une trilogie pour une résurrection et 128 kilomètres pour raconter une reconstruction. Partie vendredi 4 septembre de Ducey-les-Chéris, dans la Manche, Pauline Flatrès a rejoint Rennes dimanche, au cours d’un défi sportif autant qu’intime. Ancienne victime de violences conjugales, elle a couru pour montrer qu’après l’emprise, une autre vie est possible, malgré les coups.

Les derniers mètres ont une portée particulière.

Ce dimanche, Pauline Flatrès est arrivée devant le Parlement de Bretagne, qui abrite la cour d’appel de Rennes. Derrière ces murs, tant de femmes sont venues raconter devant la les violences subies dans leur couple. D’autres n’auront jamais eu cette possibilité, mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Contre les féminicides, Pauline, elle, a choisi de parler, et surtout de courir.

« 128 km de douleurs, de doutes, de larmes… mais surtout de force, de rencontres, de sourires et de dépassement de soi », a-t-elle raconté après son arrivée sur Instagram. « Cette traversée, ce n’était pas simplement courir d’un point A à un point B. C’était traverser une partie de mon histoire. Affronter mes souvenirs, mes peurs, mes limites… et réaliser le chemin parcouru depuis. Parce que derrière ces 128 km, il y a une histoire. Mon histoire. »

« J’ai choisi de passer par là »

Pauline Flatrès a pris le parti de ne plus cacher son histoire. Pendant huit ans, elle a souffert de violences conjugales particulièrement graves. « J’ai eu les côtes cassées, j’ai eu le crâne ouvert, les doigts… », confie-t-elle dans un reportage de Brut. De quoi la faire relativiser lors de son triple marathon. « À côté de ce que ‘j’ai vécu, ma petite jambe qui est contractée et qui me fait super mal, c’est rien. »

Son itinéraire n’a rien d’anodin. Partie de Ducey-les-Chéris, près du Mont-Saint-Michel, elle est notamment passée par Saint-James, commune associé pour elle aux années de souffrances. A sa manière, elle tient à reprendre la main sur des lieux et des souvenirs qui lui ont longtemps été imposés. « Je n’ai pas choisi de traverser tout ça, mais là, dans cette traversée, j’ai choisi de passer par là », explique-t-elle. 

« J’avais envie de montrer à toutes ces personnes qui en vivent qu’on peut se relever et qu’on peut y arriver. »

Sur la route, le symbole se heurte parfois rapidement à la réalité physique. Pauline Flatrès enchaîne un marathon le premier jour, 39 kilomètres le samedi, puis environ 45 kilomètres pour rallier Rennes. « Là, c’est dur. Très, très dur, mon cœur », glisse-t-elle à Dylan, son mari, devant les caméras de Brut. Heureusement, les pauses permettent de manger, de remplir les flasques et de soulager les muscles. « Heureusement que j’ai toute une équipe, parce que je pense que sans eux, ça aurait été beaucoup plus compliqué. Je ne suis même pas sûre de finir si je ne l’avais pas eue l », reconnaît-elle.

Dans ces derniers kilomètres, elle pense aussi à ses six enfants, âgés de 2 à 12 ans. « Ce sont les enfants qui me tiennent, là », souffle-t-elle. Mais en franchissant symboliquement cette ligne d’arrivée, Pauline Flatrès est heureuse. Sa course raconte le chemin parcouru depuis, la reconstruction et la possibilité de reprendre possession de sa vie. « Il y a eu des moments très difficiles, des moments où mon corps me demandait d’arrêter, où la fatigue était immense, mais je repensais à pourquoi je faisais tout ça. Et je continuais », a-t-elle confié après son arrivée. De Ducey-les-Chéris à Rennes, elle aura ainsi transformé les kilomètres en une belle histoire. « Aujourd’hui, je suis épuisée mais fière. Le combat continue. » Pour voir le reportage de Brut, c’est ici

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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