Jetro Yombe M., âgé de 27 ans, est jugé pour plusieurs faits de violences conjugales commis dans un appartement rue de Saint-Malo, à Rennes. Le 6 septembre 2026, il aurait notamment mordu sa concubine, âgée de 25 ans, lui aurait donné des coups de poing et se serait assis sur son ventre alors qu’elle était enceinte de deux mois. Ces violences ont entraîné 15 jours d’incapacité totale de travail.
Vers 3 heures du matin, Jetro Yombe M. rentre dans un état d’ivresse manifeste chez lui. Il demande à sa compagne enceinte de lui faire à manger. Elle refuse et part dormir sur le canapé. Il entre alors dans une colère folle. Il lui monte dessus, commence à lui asséner des coups de poing, lui mord la lèvre au point de la lui arracher. Elle se met à crier et part aux toilettes constater tout le sang qu’elle perd. Les violences ne cessent pas malgré ses pleurs. Il lui mord l’arrière du crâne et continue de la violenter. Alors qu’elle parvient à appeler les secours, il lui dit : « Tu vas mourir ici. »
Lorsque les gendarmes arrivent, ils constatent de nombreuses traces de sang dans les escaliers de l’immeuble. Le prévenu est retrouvé au 8e étage, caché dans un placard. Il bafouille et sent l’alcool.
Lors de l’examen médical de la victime, le médecin constate une importante plaie sur le bas de la lèvre, des hématomes au niveau de la pommette et de l’œil droit. La femme, enceinte de deux mois, présente un risque important de perte de l’enfant.
Ces violences conjugales ne seraient pas les premières. Deux semaines auparavant, il l’aurait menacée avec un couteau. En avril 2026, elle aurait fait une fausse couche à la suite de faits de violences. Elle dira au médecin : « Je ne peux plus rester, il fera beaucoup plus. » Elle transmet par ailleurs deux vidéos prises avec son téléphone attestant de ces scènes.
Jetro Yombe M. était jusqu’alors méconnu des services de police. Après avoir fui la guerre au Congo, son pays d’origine, il est arrivé en France il y a un an et demi. Il dispose d’un titre de séjour d’une durée de quatre ans. Il est agent d’entretien en CDI (contrat à durée indéterminée) dans le secteur de Pacé et de Saint-Grégoire.
Depuis deux jours, il était sous contrôle judiciaire avec interdiction de prendre contact avec son amie, l’obligation de fixer son domicile chez son frère et l’interdiction de quitter son lieu de résidence entre 21 heures et 4 heures du matin. Enfin, il lui était interdit de fréquenter les débits de boissons.
Ce mardi 8 septembre, alors qu’il comparaît devant le tribunal judiciaire de Rennes, Jetro Yombe M. reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Il admet avoir été très alcoolisé et soutient que c’est la première fois qu’il commet un tel acte ! Il commence par dire qu’il s’agit d’un choc avant d’avouer : « Oui, je l’ai mordue. »
Vincent Varlet, représentant du ministère public, considère qu’un « chien n’aurait pas fait mieux et je pense que les animaux se comportent mieux avec leurs semblables ». Il poursuit : « On n’est pas face à un futur père, un mari, ni même un homme puisque quel homme s’assoit sur une femme enceinte ? » Outré par ces actes de violence, il affirme tout de go : « Elle a mal, elle saigne, elle est peut-être à sa deuxième fausse couche. Qu’est-ce qu’il fait ? Il la mord. Il fait plus qu’un animal, il plante ses dents dans son visage, tellement fort qu’il le lui arrache. C’est une scène de barbarie. Ça ne suffit pas, il lui donne des coups de poing. Et qu’est-ce qu’il fait ? Il s’enfuit. »
Le ministère public requiert trente-six mois d’emprisonnement avec un mandat de dépôt et une interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant une durée de trois ans. À la barre, son avocate, Maître Duranteau, tente de défendre son client en revenant sur sa personnalité. « Évidemment qu’il n’y a aucune discussion de notre part sur la matérialité de ces faits, mais on peut envisager une peine mixte avec un sursis probatoire. On peut envisager des interdictions de contact, de se rendre au domicile, une obligation d’indemniser, de se prodiguer des soins, de travailler, de faire un stage sur les violences conjugales », dit-elle face à la juridiction.
Au passage, elle revient sur son enfance : « Son histoire est très particulière, il a connu la guerre, il a des cicatrices sur tout le corps, il a fui son pays, il a eu une enfance particulièrement violente. » Elle conclut sur un argument basé sur son casier vierge : « Ce bulletin numéro un démontre que ce n’est pas quelqu’un d’habituellement violent. Monsieur est parfaitement inséré. Avec cet emploi, il a une stabilité très forte. »
Jetro Yombe M. est finalement reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Il est condamné à trente-six mois d’emprisonnement avec mandat de dépôt, assortis d’une interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant trois ans. Quatre policiers viennent le chercher pour l’emmener à la prison de Vezin.


