Pendant plus de cinquante ans, il fut un repère pour les Rennais. Ouvert en 1971, presque en même temps que le centre Alma, le bowling a vu défiler les générations. Mais dans la nuit du 19 au 20 janvier 2025, un incendie volontaire le réduisait en cendres. Plus d’un an et demi après le sinistre, l’enquête vient d’être classée sans suite. Malgré de longues investigations, les policiers ne sont pas parvenus à identifier les auteurs.
Ici, beaucoup ont envoyé leur boule dans la gouttière. Ici, beaucoup ont chaussé des chaussures trop grandes ou trop petites. Mais quand venait enfin le strike devant les copains, « c’était la fête au village », se souvient Anthony. Pendant plus d’un demi-siècle, le bowling Alma aura été bien davantage qu’un simple équipement de loisirs.
Le soir avec les copains, l’après-midi pour un anniversaire ou le week-end en famille, le bowling faisait partie du paysage rennais. Plusieurs générations s’y sont croisées depuis son ouverture en 1971. Dans la nuit du dimanche 19 au lundi 20 janvier 2025 (voir notre article), un violent incendie ravageait l’établissement et ne laissait derrière lui qu’un bâtiment dévasté devant les yeux médusés de nombreux rennais.
Dès l’annonce du sinistre, l’émotion avait gagné les réseaux sociaux, les courriers des lecteurs et les conversations rennaises. Les souvenirs avaient afflué. « Ils m’ont procuré tant de bons moments », confiait notamment David. Mais derrière la nostalgie restait une question : qui avait mis le feu au bowling ? Plus d’un an et demi après les faits, elle demeure sans réponse. Le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, a annoncé dans un communiqué le classement sans suite de l’enquête ouverte pour « destruction volontaire par moyen dangereux ».
L’origine criminelle du sinistre ne fait pourtant plus de doute. Selon le parquet, elle a été confirmée par l’expertise incendie et par « la découverte de traces d’accélérant ». Pendant de longs mois, les policiers chargés du dossier ont mené « des investigations longues et minutieuses ». Elles n’ont cependant pas permis de mettre un nom sur le ou les incendiaires. « Les auteurs de ces faits n’ont pas pu être identifiés », indique Frédéric Teillet. Classé sans suite, le dossier n’est toutefois pas définitivement refermé. Si de nouveaux éléments apparaissaient, « l’enquête pourra être reprise », précise le procureur. Photo : Julien Moreau.



