À l’approche de Saint-Just, la tension est palpable. Le bruit d’un hélicoptère et des sirènes retentissent. Impossible de manquer la colonne de fumée au-dessus des maisons. Les routes menant au bourg sont barrées, pour faciliter l’accès aux camions de pompiers et aux tracteurs qui vont lutter contre l’incendie. Reportage
Tout le monde semble sur le qui-vive dans la commune de 1100 habitants. Peu à peu, le feu se calme, on peut voir les riverains plaisanter un peu. D’un coup, le feu reprend de façon spectaculaire. Une scène qui se répète en boucle depuis le début de l’incendie, mercredi 12 août. Avec le vent, le feu peut changer brusquement de direction et surprendre les pompiers et les agriculteurs.
« Les agriculteurs et les pompiers font un travail formidable contre les flammes », Jim, conseiller municipal à Saint-Just
Devant la mairie, des dizaines de personnes sont dans la rue et observent la fumée, malgré des températures caniculaires. « L’incendie a commencé au niveau des Landes de Cojoux », explique Greg, habitant de la commune voisine de Sixt-sur-Aff. En 2009, un précédent incendie s’était déclenché au niveau du site mégalithique de Cojoux, le deuxième de Bretagne derrière Carnac. « Le feu s’était arrêté juste avant la maison de l’ancien maire, dans son jardin ! » Aujourd’hui, on compte 300 personnes évacuées du village, résidant principalement dans la partie ouest de la commune.

Selon Catherine, une autre riveraine, « On dit que l’incendie aurait commencé avec une branche d’arbre tombée sur un poteau électrique. » Une catastrophe qui était pourtant prévisible, selon l’employée à la mairie. « On s’y attendait cette année, franchement. Au début de l’été, je me disais, avec cette sécheresse, pourvu qu’il n’y ait pas de départ de feu… Pour l’instant, il n’y a pas eu de maisons brûlées que je sache, en tout cas j’espère. »
« J’ai passé toute ma vie ici, mais les chaleurs qu’on a cet été, j’ai jamais vu ça », Madeleine, retraitée
Certains vivent suffisamment loin du feu, mais personne n’est serein. « Ici tout le monde se connaît, alors on est tous inquiets », confie Greg. Même constat pour Cyril, qui s’est rendu volontaire pour installer les barrières et porter secours. « Moi, ça va, ma maison est de l’autre côté du village par rapport au feu. Mais mes parents habitent près de l’incendie. On les a installés provisoirement dans la mairie. » L’homme d’une cinquantaine d’années insiste sur la solidarité des habitants. « Des voisins sont spontanément venus apporter à manger et à boire. Même les gens des communes voisines sont venus aider. »
« On est anxieux, c’est clair », confie Jim, conseiller municipal de Saint-Just. Accoudé à la barrière qui sépare le village et l’incendie, il fait signe aux voisins de se pousser pour laisser passer les pompiers. « Mais il y a beaucoup d’entraide, de solidarité. Les agriculteurs et les pompiers font un travail formidable contre les flammes. »
Devant sa maison, Madeleine discute avec des voisins. « On dit que les gens sont individualistes, mais quand il y a un gros truc, ils sont là. » La retraitée exprime son inquiétude vis-à-vis des fortes chaleurs. « En 1976, quand ça avait cramé, il faisait sec. J’ai passé toute ma vie ici. Auparavant, les périodes de chaleur étaient bien plus courtes, mais les chaleurs qu’on a cet été, je n’ai jamais vu ça. »
Qu’en est-il actuellement ?
Lors de son dernier point, la préfecture indiquait que « La situation se dégrade à Saint-Just. En cause : la hausse des températures et les fortes rafales de vent. » À l’heure actuelle, 153 personnes ont été évacuées. 189 sapeurs-pompiers et 70 véhicules sont toujours mobilisés. 60 sapeurs-pompiers devraient leur prêter main forte. « Régulièrement, un avion bombardier d’eau Dash et un hélicoptère Puma procèdent à des largages ciblés. »
De l’aide est demandée aux agriculteurs
Le SDIS lance un appel aux bénévoles disposant de tracteurs équipés de tonnes d’eau, afin de venir en soutien des opérations. « Si vous êtes à proximité et susceptibles de pouvoir nous aider, présentez-vous au carrefour et dirigez-vous vers le poste de commandement de Pichonnais, dans le champ à côté du premier départ de feu. Ne vous rendez pas directement sur le front des flammes », demandent les pompiers.
Reportage sur place : Elouan Kermorgant, avec Julien Moreau


