Elle escroquait des seniors et des personnes vulnérables en se faisant passer pour leur nouvelle aide à domicile. En décembre 2025, Rennes Infos Autrement révélait cette affaire, qui rayonne entre Rennes, Pacé, Vezin-le-Coquet, Vern-sur-Seiche, Nouvoitou, La-Chapelle-Thouarault.
Elle n’avait plus l’autorisation de travailler comme femme de ménage ou aide à domicile. Elle le savait, puisqu’elle avait déjà été jugée pour cela. Elle a même fait de la prison. Pourquoi ? Tout simplement parce que ses prestations dépassaient le simple ménage chez ses clients. Au lieu de faire les poussières et les sols, ce sont les portefeuilles et les boîtes à bijoux que la jeune guadeloupéenne de 21 ans, résidente à Nouvoitou, dépouillait.
« Votre technique était bien rodée : vous vous faisiez embaucher dans plusieurs entreprises d’aide à la personne, malgré l’interdiction, puis abandonniez le poste une fois les méfaits commis », résume la présidente du tribunal.
Devant la gentillesse de la femme de ménage, les victimes ne se rendaient compte de rien. Ou alors trop tard. Si c’est parfois un billet de 20 euros qui disparaissait de la boîte posée sur la cheminée, ce sont surtout des cartes bleues et des chéquiers qui étaient subtilisés. Dans ces cas-là, les montants atteignent 5 chiffres. « On constate des débit de 15 000 à plus de 25 000 euros chez des victimes âgées de 90 ans, parfois handicapées, malades ou en résidence sénior », poursuit la juge.
« On m’a obligée »
Calme, presque nonchalante à la barre, la prévenue acquiesce. Elle se victimise. Selon elle, de vieilles dettes l’ont contrainte à agir de la sorte. Ce qui correspond avec l’enquête de gendarmerie car des virements vers le créancier qu’elle désigne ont été constatés. « J’ai beaucoup de regrets. J’en ai pris conscience en détention », a plaidé la prévenue qui parle de menaces régulières à son encontre via la messagerie Whatsapp. « On m’a même filmée lors de mon précédent procès, pour me mettre la pression si je parlais trop », ajoute-t-elle.
« On a l’impression d’avoir ici une victime éternelle, accablée de toutes parts. C’est ce qu’on tente de vous convaincre », bondit alors le procureur de la République adjoint Jean-Marie Blin. Concernant le créancier : « Oui, cet homme existe probablement. Mais rien ne permet d’affirmer qu’il agît ici comme le maître. C’est un complice. C’est un paravent qu’elle utilise pour se protéger de la décision du tribunal. »
« J’aurais aimé que l’enquête pousse un peu en ce sens », lui répond l’avocat de la défense qui n’excuse pas les faits mais regrette que le complice ne comparaissent pas également.
Le tribunal a condamné la jeune femme à 18 mois de prison ferme, avec maintien en détention.


