La « rue de la soif » est connue bien au-delà de Rennes pour son ambiance festive et populaire. Mais le paysage du centre-ville historique semble changer ces dernières années. La rue Saint-Michel est-elle encore le lieu emblématique de la fête à Rennes ?

Autrefois réputée pour ses bars bon marché qui attirent les étudiants, en ce mois de juillet, la rue semble déserte. De nombreux commerces y ont baissé rideau. « L’été, les étudiants partent et la ville se vide », commente une source proche de l’Office de Tourisme de Rennes. « C’est plus facile d’apprécier les belles maisons en bois du XVème siècle quand il n’y a personne. Mais à la rentrée, la place Saint Michel se repeuple de façon spectaculaire. »
Le changement d’ambiance ne serait-il dû qu’aux vacances d’été ? Certainement pas, pour ce barman du Ty Anna qui dénonce « une politique de gentrification » de la mairie socialiste. « Ce qu’on appelait “rue de la soif” à Rennes a disparu, depuis deux ou trois ans. Maintenant, quand un bar ferme, il n’y a pas la possibilité de reprendre le fond de commerce et la licence pour vendre de l’alcool. »
Une source en lien avec l’Office de Tourisme confirme : « On voit une politique de gentrification du centre-ville de la part de la mairie. Des kebabs et des bars ferment, pour laisser place à des établissements haut de gamme et des centres esthétiques. » Au milieu des bâtiments fermés ou en travaux, quatre fast-foods demeurent toutefois rue Saint-Michel : Ali Baba, La Baraka, le 17 food et le Crousty League.
Un étudiant en licence d’histoire évoque lui amèrement « un changement d’ambiance ces dernières années. La rue de la soif a perdu son côté punk, un peu contestataire. » Des habitués mettent même en cause les contrôles des agents de police qui seraient de plus en plus fréquents.
Habitué des lieux, Maël, qui fréquente le centre-ville depuis le lycée, observe une baisse d’affluence. « Je me souviens d’une époque où le jeudi soir, on pouvait à peine traverser la rue Saint-Michel tellement elle était fréquentée. Maintenant, je trouve qu’il y a nettement moins de monde. » A voir si la rentrée 2026 confirmera ou non la tendance…


