Rennes, PressPepper. L’affaire débute au printemps 2021. Une mère de famille dépose plainte, après avoir constaté un changement de comportement chez son fils âgé de 6 ans, devenu de plus en plus violent. Selon l’enfant, sa maîtresse lui serre fortement le poignet et se moque de lui. Aucune trace physique n’est relevée, mais la famille décide de le déscolariser jusqu’à son entrée en CE1. L’enquête est alors classée sans suite.
Tout bascule en octobre 2022 lorsqu’un nouveau signalement parvient au rectorat. Plusieurs parents dénoncent des gestes violents, des bousculades et une gifle portée à une élève. Ils évoquent au passage une habitude de l’enseignante qui consiste à relever la tête des enfants avec les mains pour les obliger à la regarder dans les yeux. Sans tarder, les gendarmes entendent alors les élèves. Lors de leurs auditions, huit enfants décrivent des pincements, des tapes sur la tête, des secousses par le tee-shirt et des propos agressifs.
À l’audience, le 18 juin dernier, cette enseignante depuis près de quarante ans assurait n’avoir « jamais voulu volontairement faire de mal à un enfant ». Elle avait reconnu avoir pu « attraper les enfants par l’épaule ou les bras » pour les « remettre devant leur table », mais elle avait réfuté « la gifle » décrite par un enfant. « J’avais la tête dans le guidon », avait-elle tenté de justifier. « Au moment des faits, je m’occupais de mes parents aujourd’hui décédés. »
Le procureur de la République Vincent Mailly avait requis quatre mois de prison avec sursis, au regard de la « gravité » des faits, de leur « répétition » et du nombre de victimes. Son avocat Fabian Lahaie avait plaidé, lui, la relaxe. Le tribunal correctionnel de Rennes n’a pas suivi finalement ni les réquisitions du parquet ni la défense. Il condamne l’enseignante à une amende de 2.000 euros avec sursis. Cette condamnation ne figurera pas sur la partie de son casier judiciaire consultable par certains employeurs.


