Le cancer touche chaque année des milliers de Bretons. Pour répondre à une activité en constante augmentation et accompagner les évolutions de la médecine, le CHU de Rennes vient d’ouvrir un nouveau plateau d’oncologie pluridisciplinaire sur le site de Pontchaillou. Inauguré le 8 juin dernier, cet espace regroupe désormais dans un même lieu les consultations, les traitements et les soins de support destinés aux patients atteints de cancers thoraciques, digestifs et aux personnes suivies en oncogériatrie. L’objectif est simple. Il est de réduire les délais, simplifier le parcours de soins et d’offrir une prise en charge plus humaine.
L’enjeu est considérable. Chaque année, près d’un patient hospitalisé sur cinq au CHU de Rennes est pris en charge pour un cancer. L’établissement suit plus de 8 000 patients adultes et près de 300 enfants, réalise près de 15 000 séances de chimiothérapie, plus de 27 000 séjours en cancérologie et voit son activité progresser d’année en année. En Bretagne, où la mortalité liée aux cancers demeure supérieure à la moyenne nationale, les cancers du poumon et les cancers digestifs figurent parmi les plus meurtriers. « Au CHU de Rennes, la cancérologie est une mission du quotidien. Notre responsabilité d’établissement hospitalo-universitaire de référence est claire. Il nous faut offrir à chaque patient de Bretagne le meilleur des soins et de la recherche au plus près de chez lui. Ce nouvel hôpital de jour en est la traduction concrète », affirme Virginie Valentin, directrice générale du CHU.
Jusqu’à présent, le parcours des patients pouvait s’avérer complexe. Les consultations étaient réparties entre plusieurs bâtiments et, pour certains cancers digestifs, les chimiothérapies étaient administrées au centre Eugène-Marquis tandis que le suivi médical restait assuré au CHU. « On passait beaucoup d’énergie à coordonner à distance ce qui aurait pu se faire au même endroit », résume le Pr Astrid Lièvre, spécialiste des maladies de l’appareil digestif. Heureusement, le nouveau plateau met fin à cette organisation éclatée. Les équipes de pneumologie, d’hépato-gastroentérologie et d’oncogériatrie sont désormais réunies au deuxième étage du centre cardio-pneumologique. Sept cabinets de consultation accueillent les patients cinq jours par semaine tandis que l’hôpital de jour dispose de treize places – quatre chambres individuelles et neuf fauteuils – permettant de prendre en charge une vingtaine de personnes quotidiennement et jusqu’à quarante patients sur l’ensemble de la structure.
Dès qu’un cancer est suspecté, les examens peuvent être regroupés sur une même demi-journée. Les traitements – chimiothérapie, immunothérapie ou thérapies ciblées – sont ensuite réalisés sur place. Les patients recevant un traitement oral rencontrent le même jour le pharmacien, l’oncologue et l’infirmier qui les accompagneront tout au long de leur parcours. Psychologue, diététicienne, assistante sociale et enseignant en activité physique adaptée interviennent également dès le début de la prise en charge. « Du diagnostic aux soins de support, tout se passe au même endroit, avec les mêmes équipes. Pour le patient, ça change tout ; pour nous, c’est aller plus vite, mieux se coordonner et, au final, mieux soigner », explique le Dr Hervé Lena, pneumologue et responsable de l’unité.
Tout aussi bien, le CHU a souhaité intégrer les patients à la réflexion. Une ancienne soignante, aujourd’hui suivie pour un cancer, a participé à la conception du nouveau plateau dans le cadre du dispositif PÉPITES. « Après avoir été soignante, j’ai découvert le CHU de Rennes en tant que patiente. En participant à la conception du nouveau plateau d’oncologie pluridisciplinaire, je contribue à faire entendre la voix des patients pour construire, avec les professionnels, une prise en charge toujours plus humaine et adaptée à leurs besoins », témoigne-t-elle. Cette nouvelle organisation s’accompagne d’une filière de diagnostic rapide, destinée à raccourcir le temps entre la découverte d’une anomalie et le début du traitement. Deux demi-journées sont réservées chaque semaine aux nouveaux patients, avec des créneaux dédiés pour les IRM, les échographies cardiaques et les explorations respiratoires. Une infirmière de parcours prépare ensuite chaque séance de traitement afin d’éviter toute perte de temps et de garantir la continuité des soins.
Pour absorber cette montée en puissance, la pharmacie hospitalière sera prochainement équipée d’un robot capable de préparer 50 000 chimiothérapies par an, contre 35 000 aujourd’hui. L’objectif est de sécuriser les préparations tout en améliorant les conditions de travail des équipes. À travers ce nouveau plateau, le CHU de Rennes confirme son ambition de faire de la cancérologie un axe majeur de son développement. En lien étroit avec le centre Eugène-Marquis, il entend proposer aux patients bretons un parcours complet, depuis le dépistage jusqu’à l’après-cancer, en s’appuyant sur la recherche, les essais cliniques et les innovations thérapeutiques les plus récentes.


