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mardi 30 juin 2026
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Meurtre de Marie Thakizimana : une violence d’une grande ampleur selon le médecin légiste

En avril 2022, dans un appartement du quartier de Villejean, à Rennes, Marco Katalay-Kalala a étranglé son ex-concubine, Marie Thakizimana. Quatre ans plus tard, la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine tente de reconstituer les dernières minutes de la vie de la victime. Ce mardi 30 juin, le témoignage de Coralie Hermetet, médecin légiste ayant pratiqué l’autopsie, a occupé une grande partie des débats. Son expertise décrit les conséquences d’une violence extrême et éclaire les circonstances médicales du décès.

À la barre, le docteur Hermetet est formelle. Les constatations de l’autopsie et les analyses complémentaires convergent vers la même conclusion : Marie Thakizimana est morte d’un syndrome asphyxique provoqué par une strangulation manuelle. «Il n’y a pas d’état antérieur significatif qui aurait pu concourir à la survenue du décès », précise-t-elle. « Les hémorragies observées sont asymétriques. Elles excluent l’utilisation d’un lien et orientent vers une action manuelle. Les vaisseaux carotidiens ont probablement été comprimés, entraînant une perte de connaissance puis un décès très rapide. »

Dans la salle, l’auditoire peine parfois à suivre le jargon médical. Mais lorsque plusieurs photographies sont projetées sur les écrans de l’audience, les explications du médecin légiste prennent soudain un relief particulier. Elles en disent long également sur les « infiltrations hémorragiques au niveau du thorax », c’est-à-dire des saignements dans les tissus provoqués par une très forte pression. «Ces lésions seraient compatibles, avec le maintien au sol de Marie Thakizimana par un agresseur exerçant une forte pression sur son torse, probablement avec les genoux.»

Avocates des parties civiles, les avocates, Isabelle Bagot et Delphine Caro, poursuivent ensuite le débat sur les violences ayant précédé la strangulation. En réponse, le docteur Hermetet évoque « plusieurs impacts » subis par Marie Thakizimana avant sa mort. Outre de nombreux hématomes répartis sur l’ensemble du visage, elle décrit une possible fracture du nez ainsi que plusieurs plaies aux lèvres, davantage compatibles avec des coups ou des chocs qu’avec la seule compression des voies respiratoires. « L’hématome de l’œil est le plus préoccupant. Son emplacement et son importance témoignent d’un choc particulièrement violent », souligne-t-elle devant la cour.

Interrogée sur d’éventuelles traces de défense, le médecin légiste indique n’avoir relevé aucune lésion caractéristique sur les mains ou les avant-bras de Marie Thakizimana, pouvant attester d’une résistance face à son agresseur. Cette absence qne permet toutefois pas, à elle seule, de reconstituer avec certitude le déroulement exact de l’agression. L’hypothèse d’une perte de connaissance très rapide, consécutive à la compression des carotides, fait toutefois partie des explications médicalement envisageables.

Durant toute cette déposition médicale, Marco Katalay-Kalala est resté loin d’être impassible dans le box des accusés. Il a même enfin versé des larmes. Face à lui, les proches de Marie Thakizimana ont écouté les explications du médecin dans un silence pesant. Certains ont baissé les yeux lorsque les photographies de l’autopsie étaient projetées à l’écran. Demain, les plaidoiries des avocats de la défense et des parties civiles sont attendues dans l’après-midi. Pour maître Arnaud Le Bourdais, avocat du prévenu, la tâche sera ardue. 

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