C’est un coup sévère porté à une organisation criminelle implantée dans le bassin rennais. Après près de dix-neuf mois d’enquête, les policiers de l’OFAST de Rennes, en co-saisine avec le GIR de Rennes, ont démantelé un réseau structuré d’importation de cannabis opérant entre l’Espagne et l’Ille-et-Vilaine. L’opération, menée le 16 juin dernier sous l’autorité d’une juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Rennes, a mobilisé des moyens exceptionnels en France comme en Espagne.
Selon le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, cette affaire trouve son origine dans une enquête préliminaire ouverte le 4 novembre 2024 par l’antenne rennaise de l’Office antistupéfiants (OFAST). Rapidement, les investigations ont conduit à la saisine de la JIRS de Rennes le 24 mars 2025 puis à l’ouverture d’une information judiciaire le lendemain pour des faits «d’importation en bande organisée de produits stupéfiants», de «trafic de produits stupéfiants», de «participation à une association de malfaiteurs» et de «blanchiment.»
L’enquête a permis de mettre au jour un mode opératoire particulièrement élaboré. « L’acheminement de la drogue sur le territoire rennais se faisait principalement via l’importation de colis par le biais d’une société de transport », indique Frédéric Teillet. Le jour des interpellations, une centaine de policiers français et une trentaine de policiers espagnols ont été mobilisés. Au total, quinze personnes ont été arrêtées, dont deux dans la région de Barcelone. Les perquisitions ont permis la découverte de quantités importantes de stupéfiants. En France, les enquêteurs ont saisi 20 kilos d’herbe de cannabis et 18 kilos de résine. En Espagne, les prises sont encore plus conséquentes avec 43 kilos de résine de cannabis, 12 kilos d’herbe de cannabis, 5 kilos de cocaïne et 3 070 paquets de cigarettes. Des armes ont également été retrouvées, parmi lesquelles deux armes de poing et deux fusils de chasse.
Le volet patrimonial de l’enquête a lui aussi porté ses fruits. « Outre les stupéfiants, les enquêteurs ont procédé à la saisie de 17 véhicules, dont plusieurs de grande valeur, ainsi que des bijoux, sacs et montres de luxe », précise le procureur. Plus de 278 000 euros en espèces ont été découverts et plus de 110 000 euros ont été gelés sur des comptes bancaires. À l’issue des gardes à vue, huit personnes âgées de 20 à 43 ans, domiciliées dans le secteur rennais, ont été mises en examen. Quatre ont été placées en détention provisoire tandis que quatre autres ont été placées sous contrôle judiciaire. Deux suspects supplémentaires, âgés de 31 et 42 ans, ont été interpellés en Espagne et restent sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur remise aux autorités françaises.
Les autorités judiciaires tiennent à souligner l’importance de la coopération entre les services d’enquête français et espagnols dans la réussite de cette opération qui porte un sérieux préjudice à cette organisation criminelle d’origine rennaise et démontre l’efficacité des enquêtes transfrontalières dans la lutte contre le narcotrafic. Cette affaire illustre une nouvelle fois l’ampleur des réseaux criminels opérant à l’échelle européenne et la nécessité d’une collaboration renforcée entre les États pour lutter contre la criminalité organisée. L’opération a bénéficié du concours d’EUROPOL, d’EUROJUST, de la Direction nationale de la police judiciaire, de la BRI de Nantes, de plusieurs brigades cynophiles ainsi que des autorités espagnoles de l’UNYCO spécialisées dans la lutte contre le crime organisé. «Cette affaire illustre l’ampleur des réseaux criminels opérant à l’échelle européenne et la nécessité d’une collaboration renforcée entre les États pour lutter contre la criminalité organisée. » Photo d’illustration


