RENNES, 18 juin 2026 (PressPepper). Enseignante de l’école Anne-Boivent de Maen-Roch, Béatrice, âgée de 62 ans, a exercé dans l’enseignement catholique, à Fougères avant d’arriver à Maen-Roch en 2019. En avril 2021, elle fait l’objet d’une première plainte. Une mère de famille dénonce les violences subies par son fils âgé de 6 ans, devenu lui-même de plus en plus violent au quotidien. « Ma maîtresse de CP me serre fort le poignet et se moque de moi », raconte-t-il. Bien que sa mère ne constate aucune trace physique, elle décide de le déscolariser jusqu’à son entrée en CE1.
Après un classement sans suite, l’enquête est rouverte lorsqu’un nouveau signalement parvient en octobre 2022 au rectorat de l’académie de Rennes. Des parents font remonter des gestes violents, des bousculades et une gifle donnée à une petite fille jugée turbulente. Béatrice aurait aussi pour habitude de relever la tête des enfants avec ses mains afin qu’ils la regardent dans les yeux, au risque qu’ils se mordent la langue.
Immédiatement, ses élèves sont entendus par la gendarmerie. Huit d’entre eux évoquent des pincements et des tapes sur la tête. L’un raconte avoir été attrapé par le tee-shirt puis secoué. Un autre affirme que l’institutrice leur tenait régulièrement des propos agressifs. Auparavant, son ancienne directrice à Fougères avait déjà constaté de grosses difficultés avec cette enseignante, au point que certains parents ne voulaient plus inscrire leurs enfants. « Béatrice a, pour cette raison, été mutée », avait expliqué sa supérieure. « J’étais en conflit ouvert avec elle. »
Un inspecteur académique a lui-même constaté ce qu’il qualifie de « gestes inappropriés ».
À la barre, ce jeudi 18 juin, l’institutrice comparaît pour ces violences qu’elle aurait commises sur huit élèves de CP entre 2020 et 2022. En congé longue maladie depuis les vacances de la Toussaint 2022 pour un état dépressif caractérisé, elle devrait partir à la retraite en janvier 2027. « Jamais je n’ai voulu volontairement faire de mal à un enfant », certifie l’enseignante, lors de son procès.
À l’audience, cette enseignante, représentée par Me Fabian Lahaie, reconnaît avoir pu « attraper les enfants par l’épaule ou les bras » pour « les remettre devant leur table », mais elle réfute la gifle décrite par un enfant. À plusieurs reprises, cette femme forte de quarante années d’expérience se met à pleurer à l’évocation de ses parents, dont elle s’est occupée jusqu’à leur décès en 2021 et 2022 au moment des faits. « J’avais la tête dans le guidon », souffle-t-elle.
Dans la salle, cinq parents sont présents pour dire leur colère à l’encontre de Béatrice X et réclamer réparation. « Psychologiquement elle est atteinte. C’est un dinosaure », lance une mère de famille avant de se faire reprendre par la présidente du tribunal correctionnel de Rennes. Dans cette affaire, le premier enfant à avoir dénoncé les faits a rédigé une lettre, lue par sa mère à l’audience, pour demander que son ancienne maîtresse soit « punie ». « Elle ne doit plus faire de mal. »
Convaincu de la culpabilité de l’institutrice, le procureur de la République Vincent Mailly requiert quatre mois de prison avec sursis à son encontre. Il évoque la gravité des faits reprochés, leur répétition et le nombre de victimes. Son avocat plaide pour sa part la relaxe. Béatrice sera fixée sur son sort dans trois semaines.


