Une ambiance de finale, des fumigènes, des cagoules, des drapeaux français et une mise en scène inspirée des tribunes du Roazhon Park ou du parc des Princes. Au lycée Saint-Martin, dans le centre ville de Rennes, un événement festif (très apprécié des élèves) a tourné à la controverse après la diffusion d’images sur les réseaux sociaux. À tel point que le chef d’établissement, Alain Normant, a jugé utile d’adresser un courrier aux familles, le 12 juin, pour dénoncer des comportements jugés incompatibles avec les valeurs du lycée.
Des images ont été transmises aux autorités publiques.
Dans sa lettre, la direction évoque la finale de football organisée entre chaque classe mardi 2 juin dans l’établissement. «Nous nous réjouissons chaque année de cet événement attendu et bon enfant, » indique le directeur. Mais cette fois, une poignée de supporters aurait, selon le courrier, « inoculé un état d’esprit malsain » que la direction condamne fermement. « Au-delà des fumigènes dangereux et interdits dans l’établissement, certains gestes, signes et tenues montrant une possible connivence avec une mouvance politique n’ont aucune place au lycée Saint-Martin », écrit Alain Normant dans ce document adressé aux parents.
Dans son courrier, le chef d’établissement n’y va pas par quatre chemins en rappelant les valeurs de son enseignement. « Les élèves en question ont-ils bien réalisé le sens de la mise en scène qu’ils ont imposée sur un temps court ? Si non, c’est une ignorance à corriger rapidement par l’Education et l’information. Si oui, c’est qu’ils ne sont pas en accord avec le projet d’Etablissement et ils doivent avoir le courage de quitter le lycée saint Martin.» Et d’ajouter : « C’est avec une grande fermeté que nous affirmons que notre projet eudiste d’établissement s’adresse à des familles et à des jeunes dans le respect inconditionnel de soi-même et des autres, dans une formation solide du citoyen, dans un apprentissage des valeurs du travail et de la fraternité. Notre établissement ne peut être un lieu où se produisent de tels agissements.»
Du côté de plusieurs élèves et proches du petit groupe concerné, le récit est sensiblement différent. Selon l’un de leurs amis, ces jeunes « ne sont pas méchants » et n’avaient aucune intention politique. « Ils voulaient juste faire comme au Roazhon Park, mettre de l’ambiance comme les supporters du Stade Rennais. Ils ont sorti des drapeaux français, se sont cagoulés pour le côté tribune et ça a été très mal perçu sur les réseaux sociaux », confie-t-il. « D’un coup, ils sont passés pour des fachos, tout simplement parce qu’ils avaient des drapeaux français et des cagoules. »
En tout cas, l’affaire a rapidement alimenté les discussions au sein de la communauté éducative et surtout sur les réseaux sociaux, où les images ont suscité incompréhensions et critiques de beaucoup de lycéens rennais. Reste désormais à savoir si cet épisode restera une maladresse d’adolescents ou s’il donnera lieu à des suites disciplinaires au sein du lycée rennais réputé pour être l’un des meilleurs de Bretagne. Le tournoi porte le nom d’un ancien élève, Arman Soldin, journaliste tué en Ukraine et ancien élève.


