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dimanche 7 juin 2026
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Après les basses, le violon : huit jeunes interpellés lors de la manif anti-teuf

Ils étaient plusieurs milliers à battre le pavé samedi 6 juin, dans les rues de Rennes pour dénoncer le durcissement de la répression des free parties et la très contestée « loi Riposte » (voir notre article). Cette mobilisation bruyante, colorée et globalement bon enfant, a été rythmée par des sound systems mobiles, des slogans contre les amendes et des pancartes détournant l’argot policier. Dans le cortège, estimé entre 2 000 et 4 000 participants selon les sources, beaucoup dénonçaient un texte jugé liberticide, accusé de mettre à mal l’organisation de fêtes techno non déclarées.

Ils défendent leurs basses, ils vont recevoir des baffes », ironisait un passant.

Sous haute surveillance policière, la manifestation s’est élancée dans le centre-ville sans incident majeur. Tout au long de l’après-midi, gendarmes mobiles, CRS et policiers ont accompagné le cortège à distance, dans un climat tendu mais sans affrontement. Mais l’ambiance a changé après la dispersion officielle du défilé, sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. En début de soirée, plusieurs groupes, représentant au total entre 150 et 200 personnes, sont remontés vers le centre-ville, notamment autour de la place des Lices, de Sainte-Anne et du secteur de la préfecture, rue Martenot.

Selon nos informations, certains participants ont tenté de dresser des barricades et lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. Entre 19 h et 20 h 30, les policiers, appuyés notamment par la CRS 82, venue en renfort, ont répliqué par plusieurs usages de gaz lacrymogène afin de disperser les groupes les plus remuants. Le calme est finalement revenu vers 21 h, aux abords de la place Sainte-Anne. Malgré les échauffourées, aucun blessé ni aucune dégradation notable n’ont été recensés. Huit jeunes hommes, âgés de 18 à 25 ans, ont néanmoins été interpellés et placés en garde à vue au commissariat de Rennes. Dimanche soir, ils s’y trouvaient encore pour certains.

Polémique entre la députée LFI et Alliance Police nationale

Au lendemain des tensions, une polémique s’est invitée sur les réseaux sociaux entre la députée insoumise d’Ille-et-Vilaine, Marie Mesmeur, et le syndicat Alliance Police Nationale 35. Sur X, l’élue rennaise a publié plusieurs vidéos des interventions policières accompagnées d’un message sans ambiguïté : « Ceci n’est pas, et ne sera jamais du “maintien de l’ordre”. » Cette prise de position a rapidement suscité des réactions, alors que circulaient en ligne plusieurs images de gaz lacrymogènes.

Le syndicat Alliance 35 a répondu quelques heures plus tard dans un tweetde soutien aux policiers mobilisés. « Pendant que certains critiquent le maintien de l’ordre, nos collègues essuient les projectiles sur le terrain. Soutien total à ceux qui protègent la République », écrit l’organisation syndicale, reprochant implicitement à la députée de fragiliser l’action des forces de l’ordre.  Encore une fois, cette passe d’armes illustre un débat désormais récurrent à Rennes autour du maintien de l’ordre lors des manifestations. D’un côté, certains élus et militants dénoncent un usage jugé disproportionné de la force. De l’autre, syndicats policiers et autorités rappellent les violences auxquelles les agents sont confrontés lors des dispersions. 

jean-christophe collet
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Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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