« Je recherche un nouveau poste. » Le message est sobre, presque banal. Il n’est pourtant pas passé inaperçu sur les réseaux sociaux. Posté sur LinkedIn, il tranche avec douze années passées au service de hautes responsabilités locales. Battue lors des dernières élections par le jeune Sébastien Collet, celle qui fut adjointe, puis maire, se retrouve aujourd’hui en recherche d’emploi. « Mon expertise en gestion de collectivités, en pilotage budgétaire et en management d’équipes pluridisciplinaires… me permet d’envisager des postes à fort impact », écrit-elle. « Si vous entendez parler d’une opportunité… j’aimerais reprendre contact. »
Pendant plus d’une décennie, Marie Ducamin, professeure agrégée d’histoire-géographie, a exercé plusieurs responsabilités métropolitaines. L’actuelle conseillère municipale d’opposition fut adjointe à l’éducation, puis à l’urbanisme, avant de devenir maire en 2020 et vice-présidente à Rennes Métropole. Elle était au firmament de la vie politique locale, avec l’ambition de rester la première édile de Saint-Jacques-de-la-Lande. Patatras : cson bastion socialiste est passé au centre droit, après plusieurs années de domination sans partage.
Dans l’agglomération rennaise, tous les élus n’ont pas connu le même sort. À Rennes, la maire socialiste Nathalie Appéré, elle, été reconduite dans ses fonctions. Le soir de sa réélection, son soulagement contrastait de manière saisissante avec la situation de Marie Ducamin, contrainte aujourd’hui de se repositionner professionnellement. En Bretagne, un autre élu connaît aussi une trajectoire similaire. Après 18 ans d’engagement public, Sébastien Miossec, ancien président de Quimperlé Communauté, a lui aussi annoncé être en recherche d’emploi. « Une reconversion que j’espère concrétiser dans les domaines de l’urbanisme, l’habitat, les finances locales… ou plus simplement le développement territorial », écrit-il.
Comme Marie Ducamin, Sébastien Miossec met en avant des compétences issues de son expérience d’élu. Et comme elle, il se confronte à une réalité peu visible. « Je n’ai pas encore trouvé de destination professionnelle. Je suis donc ouvert aux propositions ! » Derrière ces bouteilles à la mer, ces deux élus exposent une transition souvent brutale. « Quitter ces fonctions ne s’est pas fait sans émotion », confie-t-il, avant d’ajouter : « Ça va terriblement me manquer. »
Ces trajectoires posent une question rarement abordée : celle de la reconversion des élus locaux. Ni fonctionnaires, ni cadres classiques, ils doivent réapprendre à se positionner sur le marché du travail. «Il serait malhonnête de prétendre que je n’ai pas été déçu», reconnaît Sébastien Miossec. Leurs compétences sont pourtant nombreuses : gestion budgétaire, pilotage de projets, management d’équipes, connaissance fine des territoires. Encore faut-il réussir à les traduire dans un langage compréhensible pour les recruteurs.
« Envoyez-moi un message ou laissez un commentaire », écrit Marie Ducamin. Derrière l’ancienne élue, il y a désormais une candidate à l’emploi. Et en filigrane, une question plus large : que faire après une carrière politique ? Faut-il réintégrer son métier d’origine, ou tenter une nouvelle voie ? Certains choisissent de faire de la politique après une carrière déjà construite. Mais lorsque tout s’arrête, le retour à la vie professionnelle peut s’avérer plus complexe que prévu. Le débat est ouvert. En attendant, l’ex-maire pourrait peut-être trouver une opportunité chez l’ex-maire de Saint-Jacques de Lande, Emmanuel Cauet, aujourd’hui directeur de mission chez Sémaphores, cabinet de conseil, d’expertise comptable et d’audit qui accompagne les organisations publiques et privées.


