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jeudi 30 avril 2026
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Tombée du Nid offre du répit aux familles d’enfants handicapés

« Le répit, cela peut être juste dormir. » Cette phrase paraît anodine. Mais dans la bouche de la responsable régionale de l’association Tombée du Nid en Bretagne, Élodie Naftalski, elle dit autre chose : des nuits hachées, des journées sans pause et une charge mentale permanente pour les parents d’enfants en situation de handicap. «Ce qu’on propose, ce n’est pas du babysitting», insiste-t-elle. «La famille reste là, toujours à proximité. Nous venons en revanche en soutien, pour créer un espace où le parent peut lâcher prise, même un peu. Parfois, c’est juste pouvoir lire un livre sans être interrompu toutes les deux minutes. Ou prendre un bain. Ou dormir. »

 NOS BÉNÉVOLES NE SONT JAMAIS SEULS AVEC L’ENFANT »

Bien souvent, le quotidien de ces familles reste invisible. «On a beaucoup de parents isolés. Et leur réalité, c’est qu’ils sont parfois seuls à gérer, tout le temps.» D’après les données de l’association, des centaines de milliers de familles sont concernées en France, avec des risques accrus d’épuisement, de précarité et de rupture sociale. «Ce manque de répit, il est énorme. Et aujourd’hui, il manque vraiment des solutions adaptées à domicile. »

Au quotidien, l’association agit dans le concret. «Les demandes sont très simples. Ça peut être l’anniversaire du petit frère ou encore un rendez-vous médical. Parce que gérer un enfant autiste dans une salle d’attente tout en écoutant le médecin, c’est très compliqué. » Parfois, la demande touche à quelque chose de plus intime. «Une maman m’a dit un jour : j’ai juste besoin de ne pas être seule dans ma cuisine quand je donne à manger à ma fille. Cela peut paraître peu, mais en réalité, c’est énorme. »

Cette association accompagne tous les types de handicap, sans barrière administrative stricte. «Même sans notification officielle, quand une famille est en difficulté, on est là. Il y a des situations d’errance de diagnostic où les parents sont déjà épuisés. On ne va pas leur dire d’attendre.» À l’origine, cette approche pragmatique repose sur une histoire personnelle. Créée en 2015 par une famille confrontée elle-même au handicap, l’association s’est construite progressivement, d’abord autour de témoignages, puis d’une communauté. «Il y a eu une prise de conscience des fondateurs : les familles avaient besoin d’aide concrète, au quotidien. »

AUJOURD’HUI, TOMBÉE DU NID COMPTE PRÈS DE 1000 BÉNÉVOLES ET ACCOMPAGNE ENVIRON 1100 FAMILLES

Au cœur du dispositif, une application : Le Cœur du Nid. « Ce dispositif permet de faire le lien. Les familles postent des demandes, les bénévoles répondent. Mais cela va souvent bien au-delà : cette démarche crée aussi du lien entre les familles elles-mêmes, qui vivent souvent les mêmes choses. » Les bénévoles, eux, viennent d’horizons très variés. «On a des étudiants, des actifs, des retraités… et aussi pas mal d’hommes. »

Pour faciliter l’engagement, le fonctionnement est flexible et s’adapte aux contraintes de chacun. «Chacun peut intervenir une fois par mois, le week-end. Il n’y a pas d’obligation lourde.» Mais la sélection reste exigeante. «Certains trouvent que notre commission d’accueil ressemble à un entretien d’embauche, mais c’est important. On doit s’assurer que les personnes ont la bonne posture.» En revanche, personne n’est laissée seule. « Nos bénévoles suivent des modules de formation, participent à des échanges réguliers. Mon rôle est d’être là pour eux. Parce que s’ils sont bien accompagnés, les familles le seront aussi. »

Ce choix fort repose toutefois sur un modèle fragile. «On ne fait jamais rien payer, ni aux familles ni aux bénévoles. On fonctionne avec des dons, des fondations et du mécénat. C’est un équilibre à trouver en permanence. » En Bretagne, l’antenne est toute récente. « Nous avons ouvert début d’année, et les besoins sont déjà là. » Mais les moyens restent limités. « Si on veut accompagner plus de familles, il faudra recruter. Et donc trouver des financements. » Avant de conclure : « ce qu’on apporte peut sembler petit… mais pour les familles, c’est immense. » Contact : [email protected] – 07 61 42 77 73

jean-christophe collet
jean-christophe collet
Lancé par le journaliste Jean-Christophe Collet en 2012/2013, www.rennes-infos-autrement.fr devient un site d’informations en 2015 et est reconnu comme site d’informations en ligne par le ministère de la Culture et de la communication.

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