Le 18 janvier 2026, vers 20h20, dans le centre-ville de Rennes, un différend éclate entre deux automobilistes, après un dépassement jugé dangereux, suivi d’une queue de poisson de l’un d’eux. Très vite, la tension monte entre les deux hommes. Appels de phares, gestes obscènes, invectives : les deux conducteurs s’affrontent verbalement alors qu’ils poursuivent leur route, jusqu’à s’arrêter à un feu rouge.
C’est à ce moment-là que la future victime descend de son véhicule et intime à l’autre conducteur de faire de même. Les échanges deviennent alors physiques, sous les yeux de deux enfants âgés de 4 et 9 ans. « On se criait dessus, on se poussait… puis j’ai senti une piqûre au cou », raconte la victime à la barre. En quelques secondes, la situation bascule. La victime est blessée au cou par un coup de couteau dont la lame mesure environ dix centimètres. Elle présentera une plaie de cinq centimètres, nécessitant six points de suture et une incapacité totale de travail (ITT) de dix jours.
Alertés, les policiers interviennent rapidement et identifient le suspect grâce à sa plaque d’immatriculation. À la barre, le prévenu — conducteur de train de marchandises, sans antécédents judiciaires — évoque un geste de défense. « Il m’a saisi au niveau du cou, il commençait à m’étrangler… J’avais ce couteau dans la main que je l’utilise pour mon travail. Je l’ai ouvert et j’ai porté un coup », explique-t-il, se disant « tétanisé » au moment des faits.
Face à lui, la victime nie cette version. « J’ai cru mourir. J’avais peur qu’il me plante à nouveau », confie-t-elle. « Je vais me marier… j’ai eu très peur. » Au passage, elle reconnait avoir porté des coups après l’agression. De l’autre côté de la barre, le parquet dénonce « combien la bêtise de l’homme se mesure » dans ce type de situation. Il a requis 24 mois d’emprisonnement, dont 12 mois avec sursis.
Reconnu coupable de violences avec arme, le prévenu a été condamné à 24 mois d’emprisonnement avec sursis. Le tribunal a également prononcé une interdiction de port d’arme pendant 5 ans, une interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant 3 ans. La défense avait insisté sur le profil de son prévenu un homme inséré, en CDI, pacsé, sans passé judiciaire, et qui « reconnaît pleinement les faits ».


