Il y aura un deuxième tour à Rennes. C’était attendu. Les scores du premier round, bien que confortables pour le trio qui reste en lice, ont sûrement surpris les candidats. Notamment la maire sortante Nathalie Appéré qui espérait davantage de bulletins roses dans les urnes dimanche.
Sauf fusions entre les listes restées en bas du podium dimanche soir, trois candidats ont remporté assez de voix pour disputer le second tour des élections municipales dans la capitale bretonne. Nathalie Appéré dispose -comme prévu- d’une bonne avance, avec 34,53% des suffrages. C’est moins que les 42% récemment prédits dans un sondage, mais c’est plus que Charles Compagnon (Droite et Centre) qui réunit 22,47% des suffrages, et Marie Mesmeur (LFI) qui en rafle 18,61%.
La patronne actuelle de l’Hôtel de Ville peut compter sur les listes de gauche n’ayant pas dépassé la barre des 5%, mais exclut d’entrée de jeu tout rapprochement avec le parti mélanchoniste. « Je vais exiger une discussion entre nos listes, à condition que le PS arrête ses propos outranciers à propos de nos candidats et de nos électeurs », a tout de même tenté la députée et candidate Marie Mesmeur une fois les résultats proclamés hier soir.
Nathalie Appéré s’est quant à elle réjouie « d’un score très faible du Rassemblement National », saluant les valeurs historiques de Rennes « Contre les idées de repli réactionnaires ». L’édile promet une deuxième partie de campagne dynamique et se représente comme « La Gauche qui peut, qui veut et qui va battre la droite. » Dans sa déclaration, la candidate ne mentionne pas la challengeuse Mesmeur et qualifie les votes LFIstes « d’éparpillement des voix de gauche ».
Il n’y aura aucune main tendue du PS vers LFI
Aucune alliance officielle entre les deux femmes n’est voulue par le clan Appéré, qui l’a rappelé en direct sur France Bleu Armorique : « Dans la campagne du premier tour, Marie Mesmeur nous a expliqué se situer en rupture, en opposition. Nous, nous conduisons vraiment une union de la gauche qui doit battre la droite à Rennes. »
« La maire sortante ferme la porte à toute discussion, mettant en péril la possibilité d’un rassemblement de la gauche au second tour », déplore alors Marie Mesmeur, qualifiant alors la politique de sa concurrente « d’irresponsable ».
La droite autour de Charles Compagnon ?
On l’annonçait en troisième position. C’est finalement juste derrière Nathalie Appéré que le candidat de la Droite et du Centre Charles Compagnon termine la première étape de sa course. « Il nous reste une semaine pour aller chercher les voix », a-t-il annoncé, rappelant que « Deux tiers des Rennais n’ont pas voté pour la candidate socialiste ». Quid d’une alliance officielle avec ses adversaires d’hier ? Peu probable. Le rapprochement Compagnon-Rousseau n’a jamais senti la rose depuis le début de la campagne et une fusion avec la liste frontiste de Julien Masson serait de la pure fiction. « Ils veulent pourtant nos voix, mais pas nos gueules », rappelait le candidat RN à ce sujet récemment.
Les voix de droite qui n’auront pas porté leurs fruits au premier tour devraient néanmoins naturellement se retrouver dans l’urne de Charles Compagnon dimanche prochain.
Il est cependant improbable que la liste Vivre Rennes de Charles Compagnon fasse des émules chez les électeurs des « petits » candidats n’ayant pas dépassé les 5% hier : Yan Mélan (Equinoxe) ; Erell Duclos (Révolution permanente) ; Sandra Chirazi (Lutte ouvrière) ; Victor Darcissac (NPA Révolutionnaires) et Morgane Pernot-Goarvot (Rennes contre la guerre).


