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lundi 15 juin 2026
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L’AFTER RENNAIS FAIT DU BRUIT …CHEZ LES HABITANTS

A Rennes, les noctambules n’ont pas pas beaucoup le choix pour un « after », comprenez par là un bar de nuit ouvert de 7 heures à 11 heures. Rue Duhamel, au 45, il y avait bien la Sortie ! Rue de Brest, il y a désormais le Club 214, caché derrière une devanture noire.

Ouvert de 7 h à 11 h du matin le samedi et le dimanche, l’établissement est fréquenté par de nombreux couche-tard. « C’est un endroit exceptionnel », assure Frédéric. « Il se passe toujours quelque chose. Je ne regrette jamais mes soirées tardives !  » Le club ne fait pas parler de lui. Sauf dans le quartier de la rue de Brest où les voisins commencent en tout cas à s’interroger !

« Un dimanche matin, explique Louis, vieux monsieur, je me rendais à la messe, et là, sur le trottoir, la frousse de ma vie ! Des individus habillés tout en noir titubaient et ricanaient devant moi au point d’avoir cru qu’ils essayaient de m’agresser. Ils sortaient de cet ancien bar de l’Amirauté qui a été transformé en un truc qui s’appelle maintenant After. » 

                                                         Deux mondes différents !

Entre les noctambules et les riverains, deux mondes s’entrecroisent et se toisent. « La tenue correcte exigée par les tenanciers se limite au port de la casquette, de capuches, de vêtements sombres et à 3 grammes d’alcool », assure un habitant du quartier regrettant l’ancienne propriétaire du bar, Marie-Jo : « on avait des potes et l’on se réunissait au bar de l’Amirauté, chez Marie-Jo. L’ambiance y était sympa et chaleureuse. »

Les riverains sont aujourd’hui un brin nostalgiques. « La rue de Brest était peuplée d’ouvriers et d’artisans, dans laquelle il y avait de nombreux petits commerces et des bistrots aux tables en formica où ça sentait fortement l’anisette et le p’tit rouge au comptoir. » Retraité, Albert se remémore lui aussi de cet âge d’or. « Malgré la misère, il y avait une convivialité qui nous aidait à vivre. On était heureux dans ce Rennes d’antan où tout se passait dans la proximité et disons-le franchement, dans la promiscuité, mais une promiscuité heureuse, fallait-bien vivre ensemble. »

Dragan Brkic
Dragan Brkic
Écrivain, j'ai publié Le Petit Noir des Balkans, Prière d'insérer, La condition pénitentiaire, Footness et Comprendre la délinquance française.

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