La plainte déposée le 12 octobre 2023 par le syndicat des internes contre le professeur Xavier Morandi vient d’être classée sans suite par le parquet de Rennes. Une dizaine de médecins du service de neurochirurgie du CHU de Rennes dénonçaient alors des faits de harcèlement. Depuis le printemps 2024, le grand ponte de la médecine, placé en arrêt maladie en octobre 2023, avait été suspendu de ses fonctions.
« Le professeur Morandi, chef du service de neurochirurgie au CHU de Rennes, souhaite s’exprimer par mon intermédiaire », explique son avocat, Jérôme Stéphan. « Si la décision de classement sans suite constitue pour lui un soulagement, il ne s’agit que d’un soulagement très relatif dans la mesure où le mal est déjà fait. Le sentiment qui domine est celui d’un terrible gâchis, puisqu’il est privé d’exercer depuis près de deux années dans l’attente de l’issue de l’enquête, née d’une plainte désormais classée sans suite. Le professeur Morandi veut dire encore que les souffrances qui ont pu être exprimées résultent d’abord et avant tout d’un système à l’agonie dont il ne porte pas la responsabilité. »
Une plainte parallèle avait été aussi déposée devant le Conseil de l’Ordre. Mais nul doute que, devant cette instance, le sort du médecin soit dorénavant traité avec plus de parcimonie, eu égard à cette décision de justice. « On peut s’interroger sur la responsabilité des plaignants et de ceux qui ont relayé les faits dénoncés dans la presse », poursuit l’avocat.
Le syndicat des internes peut encore choisir de saisir directement le tribunal correctionnel et de se constituer partie civile. L’affaire avait par ailleurs fait l’objet d’un article dans l’hebdomadaire Paris Match. Estimant que la journaliste avait porté atteinte à sa présomption d’innocence, le professeur avait porté plainte. En août 2024, le tribunal judiciaire de Rennes, statuant en référé (en attente d’un appel), lui avait donné raison.


