Petit couac de rentrée dans le sud de Rennes. À l’école élémentaire Joseph Lotte, cinq écoliers en situation de handicap attendent toujours leur aide scolaire. Mais ce 1er septembre 2025, aucun des cinq accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) prévus n’a encore été affecté à l’établissement. « Nos enfants ont été reconnus comme ayant besoin d’un accompagnement. Ce n’est pas une option, c’est un droit », rappelle une mère de famille.
Des alertes ignorées dès juin
Ce dysfonctionnement ne tombe pas du ciel. Le 24 juin dernier, une motion votée par le conseil des maîtres, avec le soutien des papas et mamans d’élèves, alertait déjà sur ce « manque criant ». Dans un courrier officiel envoyé à la rectrice de l’académie de Rennes, les parents élus enfonçaient le clou. Ils exprimaient leur « profonde inquiétude » pour les enfants, les familles, mais aussi l’ensemble de la communauté éducative. « Malgré les engagements ministériels en faveur d’un enseignement inclusif, la situation reste inchangée », écrivaient-ils dans leur lettre. « Des solutions concrètes doivent être mises en œuvre sans délai afin que l’école inclusive, prévue par la loi de 2005, ne demeure pas un principe théorique, mais devienne une réalité. »
Pour les parents, les AESH ne sont pas des auxiliaires. « Ils sont les piliers de la scolarisation de certains enfants. Sans eux, ces enfants ne peuvent ni apprendre ni participer comme les autres. » Le problème dépasse toutefois Joseph Lotte. Partout en France, le système peine à recruter et à stabiliser ces personnels essentiels, souvent en contrat précaire et à temps partiel, pour un salaire à peine supérieur au SMIC. Les parents se tiennent aujourd’hui disponibles pour dialoguer avec les services académiques, mais attendent toujours une réponse officielle à leur courrier. Pour beaucoup, la rentrée n’a pas vraiment commencé…


